Psaume 40 verset 3. "il m'a retirée de la fosse de la destruction".

Je suis née en 1946 après le retour de mon père, prisonnier en Allemagne. De ma petite enfance, Il me reste le souvenir de très courts moments heureux auprès de mes parents et de mon frère, né en 1936 avant la guerre, mais surtout des souvenirs très douloureux.

Mon père, décédé en 1981, était un homme violent, alcoolique et pervers. Ma mère, paralysée, a subi souvent devant mes yeux de gosse sa violence physique pendant des années.

Elle est décédée en 1958. Pendant toutes les années de maladie de ma mère, tantôt à la maison, tantôt à l'hôpital, mon père me sodomisait, me salissant physiquement et me détruisant petit à petit psychiquement.

Cela a commencé vers l'âge de 4 ans environ, jusqu'au décès de ma mère. J'avais alors 12 ans et j'étais déjà détruite intérieurement. Il a arrêté ensuite, tout en continuant à coucher avec la voisine qui l'avait aidé à soigner ma mère.

J'ai pris pleinement conscience de l'inceste que je subissais vers l'âge de 14 ans, et le résultat a été, pendant plusieurs années, des tentatives suicidaires auxquelles je réchappais à chaque fois miraculeusement, malgré les mélanges d'alcool et de somnifères prescrits par les divers psychiatres qui m'ont suivie. J'ai eu aussi des séquelles physiques toute ma vie : gastrites et gastro à répétition, sans doute dues à ces années de stress.

Je pense que ma mère savait ou avait vu certaines scènes. J'étais persuadée que je mourrais jeune, comme elle, décédée à 42 ans, m'abandonnant à mon père après m'avoir posé une question: "Voudrais-tu que je meure ? ". Et moi de répondre "OUI ! ". Je lui en voulais de ne pas savoir ou pouvoir me protéger, et, en parallèle, bizarrement, j'aimais mon père malgré tout ce que je vivais. Mais j'étais de fait dans une confusion totale des sentiments

Pour mieux comprendre le pourquoi d'une telle confusion, il faut savoir que mon père me payait quand il me violait, comme pour me donner la conviction que j'étais consentante. Comme nous n'avions pas beaucoup d'argent à la maison, j'acceptais cet argent, presque avec reconnaissance, pour m'acheter à manger. Ces rapports pervers entretenaient aussi dans mon cœur une sorte de rivalité avec ma mère, mais aussi de rancune, puisqu'elle n'intervenait pas pour me protéger de lui. Je sais aujourd'hui qu'elle ne pouvait rien faire, étant elle-même paralysée et terrorisée par lui.

J'en voulais aussi à mon frère, bien qu'à l'époque, il ait été la plus grande partie du temps au loin, comme militaire, et qu'il ignorait ce qui se passait. Mais un grand frère est censé protéger sa petite soeur!

. J'allais de phases dépressives et suicidaires d'années en années, et cela dès mon adolescence jusqu'à 21 ans, quand, après une enième tentative de suicide, mon père a reconnu ce qu'il m'avait fait, et ce devant ma tante maternelle à qui je m'étais confiée.

Je l'avais aussi révélé à un psychiatre, à 14 ans: mon père m'avait fait internée à cause de mon attitude suicidaire, mais aussi parce que j'étais devenue très violente. Quand je lui avais fait cette révélation, le psychiatre m'avait déclaré: ''Tous les pères le font !'', ce qui avait achevé de me détruire. Je n'étais pourtant pas folle comme mon père le disait à ma famille et autour de lui. À l'intérieur je me sentais salie, détruite et j'allais me salir un peu plus pour me détuire encore plus, car je ne voulais plus vivre. Les tentatives de suicide ont continué jusqu'à ma conversion et même encore après, mais j'en sortais toujours. Dieu avait mis la main sur moi depuis ma naissance, j'en suis persuadée, Il m'a gardée, sauvée plusieurs fois de la mort et Il attendait que je crie à lui.

Je suis partie en Israël après la guerre des six jours, pour trouver DIEU que je ne trouvais pas en France. Jésus étant juif, j'étais convaincue que je ne pouvais que le trouver en Israël ! Je suis restée dix mois dans divers kibboutzims, mais là-bas, malgré une présence que j'ai ressentie dans le désert du Neguev, je tentais à nouveau de me suicider par ''intermédiaire'' en sortant la nuit près de la frontière libanaise, en cherchant volontairement le danger. Ou bien en m'ouvrant les veines ou en mélangeant encore médicaments et alcool. Mais toujours au dernier moment, je m'en sortais. Ou plutôt IL M'EN SORTAIT !

Retour en France pour un projet de départ en Inde dans un ashram tenu par un gourou indien. On m'apprenait à faire le vide dans ma tête et je devais m'imprégner du livre écrit par ce gourou avant de rejoindre l'Inde.

Par trois fois ce projet a échoué. Nouvelle dépression et hospitalisation. Après un court rétablissement, je travaille en intérim et je rencontre une femme juive en recherche de Dieu qui avait une bible et m'en a offert une. Je l'ai parcourue par la suite et laissée dans un coin. Je criais vers Dieu, persuadée qu'Il existait mais j'étais trop loin de Lui. Je tombais de débauche en débauche pour me salir un peu plus, tentant encore de me détruire.

Mais ce n'était pas mon temps. Une force supèrieure me sauvait chaque fois ! À 25 ans, je rencontre en milieu hospitalier mon futur mari. Un homme aussi brisé que moi, orphelin de mère, et abandonné par son père quand celui-ci s'était remarié. Nous nous marions un an plus tard et l'année suivante, mon fils nait. Michel, mon mari se révèle alcoolique, joueur et très violent. Le psychiatre de l'hôpital où nous nous étions connus m'avait dit "vous construisez sur des ruines". Il avait raison. Je divorce en 1982 après dix années de mariage et beaucoup de disputes et de bagarres devant mon fils alors âgé de neuf ans.

Après mon divorce, une amie catholique que j'ai connue dans le milieu professionnel me suit à la trace, elle m'invite à des réunions aux Hommes d'Affaires du Plein Évangile. C'est là que je vais rencontrer mon futur pasteur. Pourtant, je m'enfonce toujours plus dans la dépression. Je vais même jusqu'à prendre rendez-vous avec un médium. mais le week-end précédant ce rendez-vous, je suis chez mon amie qui m'amène à une réunion, et j'y entends le témoignage de quelqu'un sortant de l'occultisme et qui parle du danger des médiums ! Au retour, j'annule mon rendez-vous ! Encore un signe de Dieu, que je ne connais pas encore. Mais Lui me connaît et me garde!

Pourtant en moi, j'ai cette soif d'absolu, de vérité, cette vérité que j'ai cherchée depuis mon enfance, durant mon adolescence que je cherche toujours. De fait, j'ai soif de DIEU! Je lisais alors beaucoup et les livres, comme par Hasard (avec un grand ''H''), étaient toujours des livres chrétiens.

Un vendredi soir, je vais à une réunion, chez un pasteur protestant. La réunion a lieu dans leur maison. Le pasteur a un ministère de délivrance. J'ai alors commencé à aller le dimanche dans une église charismatique catholique pas loin de mon domicile, et le dimanche suivant chez les protestants. En 1988, j'ai 42 ans et je vis toujours ! Je lâche l'église catholique pour intégrer la communauté protestante, située en Seine et Marne. Je prends le baptême d'eau quelque temps après et j'accepte JESUS comme mon Seigneur. Je suis restée dans cette église jusqu'en 1996 pour intégrer ensuite une église plus proche de chez moi et avoir une vie d'église en semaine.

Esaie 49.10 : "je t'ai gravée sur la paume de mes mains". Celui qui m'a gardée depuis tant d'années me récupère enfin, il était temps! JESUS peut enfin travailler dans mon coeur et mon âme. Je passe par de grosses délivrances, nécessaires suite à l'inceste, à la débauche, et aux innombrables tentatives de suicide. Beaucoup d'esprits de mort avaient pris le contrôle de ma vie. Jésus a eu la victoire et m'a délivrée. Il veut que je vive pour Lui, pour témoigner de Lui et le servir. Je ne sais pas comment encore, mais LUI le sait et attend SON MOMENT.

Son temps n'est pas mon temps. Je rencontre dans cette église protestante une amie chrétienne que je connaissais avant et qui m'oriente vers l'église où elle-même va, dans le 20ème arrondissement. Le lieu où se trouve l'église, et Pantin, la ville où je réside, étaient au moyen âge deux villages rattachés. Encore un Hasard avec un grand H = JESUS. J'intègre donc cette église mi 1996, où je suis encore aujourd'hui. Encore par HASARD, j'assiste un jour à un séminaire dans cette église, et c'est un ancien homosexuel, devenu pasteur et enseignant, qui témoigne de son enfance, commune à la mienne: viols, débauches, etc...

Son témoignage rouvre de profondes blessures dans mon coeur. J'ai besoin de guérisons profondes. En 1997, dans l'église parisienne, j'entends un autre pasteur, missionnaire suisse, qui donne aussi son témoignage. Il raconte comment, il a perdu sa maman alors qu'il était encore un très jeune enfant. Il raconte aussi son divorce des années plus tard.

Son témoignage me touche, je le rencontre et les portes s'ouvrent enfin en grand pour que je puisse faire une démarche de guérison intérieure avec un programme de dix mois auquel je me suis accrochée. Des amies priaient pour moi afin que je continue, car c'était très douloureux. Les gens qui enseignaient donnaient leur propre témoignage de vies brisées et reconstruites par Dieu. J'ai ''bloqué'' pendant trois mois, mais ensuite les verrous ont sauté. Le Seigneur a pu travailler en profondeur, mais cela faisait vraiment très mal. J'ai rechuté à un moment, en faisant une autre tentative de suicide. Mais le Seigneur veillait. J'ai alors reçu une autre parole dans mon coeur, avec une vision : je me voyais à l'entrée du ciel et l'entrée m'en était refusée, et le Seigneur me disait: "Tu n'as pas pardonné à ton père terrestre " ". Si vous ne pardonnez pas aux hommes, mon Père dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus". (Matthieu 6.14 et Marc 3.28).

Il fallait passer par le pardon. J'avais pourtant pardonné à mon père avant son décès, et lui, de son côté, m'avait demandé pardon. Je sais que ce pardon donné et reçu était soufflé par le SEIGNEUR. Mais à l'époque, j'étais encore très loin de DIEU. Maintenant, je devais pardonner à mon père devant DIEU et les hommes. J'ai résisté et enfin j'ai pu pardonner l'impardonnable !

La guérison a alors commencé et de lourdes chaînes sont tombées. A la fin du programme, j'étais en voie de guérison par rapport à mon père. Cependant, je refusais encore d'aborder le sujet de ma mère qui pour moi, jusqu'alors, avait toujours été une victime. Mais là aussi le Seigneur m'attendait : je m'étais engagée pour en aider d'autres dans un autre programme plus court de trois mois, en tant que responsable. Mes propres blessures étouffées se rouvraient à chaque session, ainsi que lors des messages donnés au culte par le pasteur missionnaire responsable de ces programmes.

J'ai intégré ensuite le programme de trois mois, cette fois en tant que participante. Le sujet "la blessure de la mère" n'était jamais abordé dans ce programme d'habitude, et comme par Hasard, il l'a été à cette période, au bout de la troisième réunion. J'avais envie de hurler et de pleurer. Mais j'ai pu commencer à guérir par rapport à ma mère, en acceptant de la regarder non plus seulement comme une victime mais aussi comme une coupable, comme je l'ai été pendant des années ensuite envers mon fils. C'était une étape obligatoire pour que je puisse lâcher certaines colères intérieures cachées, qui me rongeaient, et pour lesquelles je n'avais pu encore accorder mon pardon !

Je peux enfin et je veux rendre aujourd'hui témoignage pour Dieu de ce ce qu'Il a accompli dans ma vie : Devenir capable de le servir et d'en aider d'autres. Quoi que que vous ayez vécu, sachez que Dieu vous aime et vous attend. Il attend le bon moment, tout comme Il l'a fait pour moi.

À 42 ans ma mère s'était laissée mourir de désespoir. À 42 ans, moi, je renaissais à la vie avec JESUS. Ensuite, a commencé un long travail de défrichage. La solitude m'a pesé pendant des années, que ce soit durant ma petite enfance, durant mon adolescence, durant mon mariage avec un mari irresponsable et au caractère d'enfant et encore après mon divorce. Je dois laisser JESUS me guérir par rapport aux hommes car je sais que de ce côté, je suis loin d'être guérie : j'ai peur de la violence, et si un homme crie, c'est la panique. Et j'aimerais avoir un époux servant le SEIGNEUR et bien entendu un époux guéri ! Ce n'est pas encore le temps, mais le temps, avec le Seigneur, va très vite.

Une parole sonne dans mon coeur: "il est un avenir et ton espérance ne sera pas anéantie" (extrait de Jérémie 29:11). Mon avenir est entre ses mains, Il a guéri mon passé. Je veux désormais avoir confiance en Lui et en lui seul. Mes parents terrestres m'ont abandonnée. Lui m'a recueillie, sauvée " de la fosse de la destruction", délivrée et guérie, non pour moi, mais pour SA GLOIRE. ABBA PERE, je suis ton enfant. Mon plus cher désir aujourd'hui est de Lui rendre gloire en témoignant et peut être un jour, s'Il le permet, d'en faire un livre pour en aider d'autres. A Lui et à Lui seul revient toute la gloire. MERCI PAPA.