Où sont, et qui sont les bergers ?
recueilli par Michelle d'Astier de la Vigerie, vendredi 15 décembre 2006 | 2729 lectures | 15 commentaires
Une récente affaire, qui a coûté la vie à une fillette, a mis en cause divers comportements de responsables chrétiens d'une église française. La mère, probablement pas très équilibrrée, s'était lancée dans un très long jeûne, contraignant au même jeûne aussi sa fillette, qui est morte de faim. Personne dans l'assemblée n'a vu le drame qui se jouait. Et le comportement d'adjoints qui, au lieu d'appeler les secours alors que l'enfant était encore en vie, ont préféré avertir le pasteur ... qui n'est venu que le lendemain, trop tard, nous donne à méditer.
Certes, l'esprit de contrôle qui sévit dans certaines mouvances chrétienne a sa part de responsabilité dans cette tragédie ! Mais cet événement me conduit à remettre en première ligne un éditorial que j'avais écrit fin novembre.
Faisons attention qu'en jugeant cette mouvance sans aménité, ainsi que les responsables incriminés, nous n'occultions pas nos propres négligences et nos absences d'amour face à la détresse qui nous cotoie. Dois-je rappeler la parabole de la paille et de la poutre ?

Le jugement arrive sur la maison de Dieu.
C'est un message fort, dérangeant, mais aussi un message d'espérance pour tous les blessés d'églises, les électrons libres rejetés, les découragés, et ceux que personne ne délivre.

Ce jour du 30 novembre 2006, j'avais reçu avec force Ézéchiel 34. Mais avant que certains ne le lisent en pensant qu'il ne concerne que les pasteurs "institutionnels" (- Qui sont payés pour ça ! -), en les accusant de l'état lamentable de la maison de Dieu, rappelons-nous que Dieu a voulu que nous soyons tous les gardiens de nos frères ! Et non pas des Caïn qui se déchargent sur les autres en proclamant : "Suis-je le gardien de mon frère ?", tout en n'hésitant pas, à défaut de tuer son frère d'un coup de couteau, à tuer les uns de la langue, en laissant trop souvent les autres se dépatouiller tout seuls pour affronter la misère, l'adversité, la souffrance et des tourments parfois atroces.
Au mieux parfois, quand nos frères nous parlent de leur détresse, nous contentons-nous d'une tape amicale sur l'épaule et d'un religieux: Confie-toi à Jésus !, ou bien: Les choses anciennes sont passées, ou encore: Crucifie ta chair ... et autres versets passe-partout qui nous permettent, avant tout, de ne pas nous investir nous-mêmes ! Nous avons tous tant d'autres choses importantes à faire !
Le lévite et le sacrificateur de la parabole du Bon Samaritain avaient eux aussi certainement des occupations religieuses prioritaires, trop importantes pour avoir le temps de s'arrêter, afin de s'occuper d'un blessé anonyme dans le ruisseau.
Il y a beaucoup de blessés dans le ruisseau aujourd'hui, y compris dans nos assemblées.
Jamais,dans le N.T., il n'est parlé du "métier" de pasteur, lequel serait chargé de s'occuper seul de toutes les brebis d'une assemblée de cent ou cinq cent membres. Le ministère de pasteur n'est d'ailleurs cité qu'une seule fois, en Éphésiens 4, dans tout le N.T., tandis que le mot "disciple (s) " 276 fois !
Si nous sommes des disciples de Christ, si donc nous avons pour modèle Celui qui était le Bon Berger, nous devons être les bergers de nos frères, soit parce qu'ils sont plus faibles dans la foi, ou parce qu'ils sont dans la détresse, ou parce qu'ils ont besoin de prières ou de combat de délivrance, ou tout simplement parce que nous sommes environnés de perdus dont nous sommes censés être la lumière qui luit dans les ténèbres...afin qu'il trouvent la Porte ! Sommes-nous une lumière qui luit dans les ténèbres ? Sommes-nous le sel de la terre ? Des fleuves d'eau vives coulent-ils de notre sein ? Non ? Alors sommes-nous de véritables chrétiens ou de simples paroissiens d'une synagogue dite chrétienne ?

Ceux qui sont à la tête des églises en pierre d'aujourd'hui sont avant tout des chefs de "synagogues" (qui désignait un lieu, pas un Corps vivant). De fait, ils deviennent des chefs d'entreprise qui croulent sous les tâches administratives, et les charges liées à des constructions onéreuses dont on ne trouve nulle trace dans le N.T. Ils n'ont guère de temps, le plus souvent, de s'occuper des brebis, sauf entre deux portes... ou pour leur donner une tape amicale le dimanche matin après le culte !
Si nous ne commençons pas par être les bergers de notre propre famille et de ceux qui nous sont proches (1Tim 5:8), si notre porte n'est pas ouverte pour les brebis blessées et affamées de nourriture terrestre tout autant que de nourriture céleste, nous sommes bien malvenus de critiquer les pasteurs "titulaires" : car, non seulement nous ne les secondons pas en faisant notre propre part, mais nous ne sommes en rien conformes à l'esprit du N.T. qui a fait de nous un royaume de sacrificateurs !
Jésus a choisi, pour bâtir son Église, de déléguer à chacun de ses disciples son autorité, des pouvoirs surnaturels et des dons spirituels "pour l'utilité commune" (1Co 12:7), entre autres pour que chacun soit le berger de ses frères, quand ceux-ci ont besoin de lui. Il a surtout résolu de changer nos cœurs de pierre en cœur de chair : C'est l'œuvre de la Pentecôte et de la nouvelle naissance ! Encore faut-il que nous Le laissions faire et que nous le lui donnions totalement, ce cœur, pour qu'il puisse y faire le ménage et le transformer en profondeur.
Faut-il rappeler Matthieu 25 : 31 à 46 ?: "...J'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger...". Etc.
La sanction annoncée par Jésus pour les égoïstes et les égocentriques est terrible:
Allez vous en loin de moi, Dieu vous maudit ! Allez dans le feu qui ne s'éteint pas et qui a été préparé par le diable et pour ses anges .
Peu importe que l'on se prenne pour de bons chrétiens parce que l'on assiste à tous les cultes du dimanche matin. C'est aux fruits que l'arbre se reconnaît, et, sans amour, nous ne sommes que des airains qui résonnent !
Lisons d'abord ce que Paul rappelle:
1Co 12: 24b à 27 : Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.
L'Église, telle qu'elle a été bâtie par les hommes au cours des siècles, formée de clochers juxtaposés, en compétition les uns contre les autres pour être celui qui entassera le plus de monde sur ses bancs le dimanche matin*, n'a rien de l'Église telle qu'elle est définie dans le N.T. C'est une parodie du système des synagogues de l'A.T. ! Elle est le fruit de la COMPLICITÉ entre ceux qui veulent se défausser sur le pasteur titulaire pour ne rien faire, et ceux qui aime dominer le troupeau, le réduisant ainsi à l'état de "laïcs" passifs avec leur consentement !
- Pour des raisons bassement mercantiles, ou parce que le nombre donne une illusion d'importance !
Mais ce système n'a rien à voir avec la véritable Église, et nous disposons de la Bible pour le vérifier. Aussi, le texte d'Ézéchiel 34 nous concerne tous !
Jamais ce texte n'a été d'une actualité aussi brûlante. Dieu a laissé faire longtemps. Il a donné beaucoup de temps à son Église pour se repentir, mais le Seigneur est à la porte, Il frappe, Il revient bientôt, et...
IL N'Y A PLUS DE TEMPS !
Ce passage a dansé devant mes yeux, il a cogné mon cœur, car nous sommes TOUS concernés.
Ézé 34: 1 :
"La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots :
2, 3 : Fils de l'homme, prophétise contre les bergers d'Israël! Prophétise, et dis-leur, aux bergers: Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Malheur aux bergers d'Israël, qui se paissaient eux-mêmes! Les bergers ne devaient-ils pas paître le troupeau? Vous avez mangé la graisse, vous vous êtes vêtus avec la laine, vous avez tué ce qui était gras, vous n'avez point fait paître les brebis.
4 : Vous n'avez pas fortifié celle qui était faible, guéri celle qui était malade, pansé celle qui était blessée; vous n'avez pas ramené celle qui s'égarait, cherché celle qui était perdue; mais vous les avez dominées avec violence et avec dureté.
5, 6: Elles se sont dispersées, parce qu'elles n'avaient point de berger; elles sont devenues la proie de toutes les bêtes des champs, elles se sont dispersées. Mon troupeau est errant sur toutes les montagnes et sur toutes les collines élevées, mon troupeau est dispersé sur toute la face du pays; nul n'en prend souci, nul ne le cherche.

7: C'est pourquoi, bergers, écoutez la parole de l'Eternel !
8 : Je suis vivant! dit le Seigneur, l'Eternel, parce que mes brebis sont au pillage et qu'elles sont devenues la proie de toutes les bêtes des champs, faute de berger, parce que mes bergers ne prenaient aucun souci de mes brebis, qu'ils se paissaient eux-mêmes, et ne faisaient point paître mes brebis, -
9 : à cause de cela, bergers, écoutez la parole de l'Eternel !
10 : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, j'en veux aux bergers! Je reprendrai mes brebis d'entre leurs mains, je ne les laisserai plus paître mes brebis, et ils ne se paîtront plus eux-mêmes; je délivrerai mes brebis de leur bouche, et elles ne seront plus pour eux une proie.
11,12, 13, 14 : Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, j'aurai soin moi-même de mes brebis, et j'en ferai la revue. Comme un berger inspecte son troupeau quand il est au milieu de ses brebis éparses, ainsi je ferai la revue de mes brebis, et je les recueillerai de tous les lieux où elles ont été dispersées au jour des nuages et de l'obscurité. Je les retirerai d'entre les peuples, je les rassemblerai des diverses contrées, et je les ramènerai dans leur pays; je les ferai paître sur les montagnes d'Israël, le long des ruisseaux, et dans tous les lieux habités du pays. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leur demeure sera sur les montagnes élevées d'Israël; là elles reposeront dans un agréable asile, et elles auront de gras pâturages sur les montagnes d'Israël.
15, 16 : C'est moi qui ferai paître mes brebis, c'est moi qui les ferai reposer, dit le Seigneur, l'Eternel. Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée, et je fortifierai celle qui est malade. Mais je détruirai celles qui sont grasses et vigoureuses. Je veux les paître avec justice.
17 à 19 : Et vous, mes brebis, ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, je jugerai entre brebis et brebis, entre béliers et boucs. Est-ce trop peu pour vous de paître dans le bon pâturage, pour que vous fouliez de vos pieds le reste de votre pâturage? de boire une eau limpide, pour que vous troubliez le reste avec vos pieds? Et mes brebis doivent paître ce que vos pieds ont foulé, et boire ce que vos pieds ont troublé !
20 21, 22: C'est pourquoi ainsi leur parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, je jugerai entre la brebis grasse et la brebis maigre. Parce que vous avez heurté avec le côté et avec l'épaule, et frappé de vos cornes toutes les brebis faibles, jusqu'à ce que vous les ayez chassées, je porterai secours à mes brebis, afin qu'elles ne soient plus au pillage, et je jugerai entre brebis et brebis.
23, 24 : J'établirai sur elles un seul berger, qui les fera paître, mon serviteur David; il les fera paître, il sera leur berger. Moi, l'Eternel, je serai leur Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d'elles. Moi, l'Eternel, j'ai parlé.
25, 26, 27 : Je traiterai avec elles une alliance de paix, et je ferai disparaître du pays les animaux sauvages; elles habiteront en sécurité dans le désert, et dormiront au milieu des forêts. Je ferai d'elles et des environs de ma colline un sujet de bénédiction; j'enverrai la pluie en son temps, et ce sera une pluie de bénédiction. L'arbre des champs donnera son fruit, et la terre donnera ses produits.
Elles seront en sécurité dans leur pays; et elles sauront que je suis l'Eternel, quand je briserai les liens de leur joug, et que je les délivrerai de la main de ceux qui les asservissaient.
28, 29 : Elles ne seront plus au pillage parmi les nations, les bêtes de la terre ne les dévoreront plus, elles habiteront en sécurité, et il n'y aura personne pour les troubler. J'établirai pour elles une plantation qui aura du renom; elles ne seront plus consumées par la faim dans le pays, et elles ne porteront plus l'opprobre des nations.
30 : Et elles sauront que moi, l'Eternel, leur Dieu, je suis avec elles, et qu'elles sont mon peuple, elles, la maison d'Israël, dit le Seigneur, l'Eternel.
31 :Vous, mes brebis, brebis de mon pâturage, vous êtes des hommes; moi, je suis votre Dieu, dit le Seigneur, l'Eternel"
Passage reçu par Michelle d'Astier le 30 Novembre 2006
vendredi 15 décembre 2006 à 17:14 :: articles de Michelle d'Astier de la Vigerie :: #87 :: rss



1. Le jeudi 30 novembre 2006 à 14:03, par Hélice
2. Le jeudi 30 novembre 2006 à 17:48, par Nuria Boivin
3. Le jeudi 30 novembre 2006 à 18:55, par Isabelle
4. Le vendredi 1 décembre 2006 à 09:25, par olivierr
5. Le vendredi 1 décembre 2006 à 10:54, par Déborah
6. Le vendredi 1 décembre 2006 à 11:18, par Isabelle
7. Le vendredi 1 décembre 2006 à 11:59, par Isabelle
8. Le vendredi 1 décembre 2006 à 12:22, par olivier
9. Le vendredi 1 décembre 2006 à 21:14, par Nuria Boivin
10. Le mardi 19 décembre 2006 à 19:48, par magnin roland
11. Le lundi 15 janvier 2007 à 20:10, par oliv91
12. Le lundi 15 janvier 2007 à 20:14, par David
13. Le mercredi 17 janvier 2007 à 11:42, par M.T.
14. Le mercredi 17 janvier 2007 à 21:50, par Aline
15. Le jeudi 18 janvier 2007 à 08:26, par Michelle d'Astier de la Vigerie