Souffle de vie - 1er avril - La paix
recueilli par Michelle d'Astier de la Vigerie, jeudi 1 mars 2007 | 647 lectures | aucun commentaire
Un billet d'après une prédication de Matthias Helmlinger

Luc 19/28-44 - Arrivée de Jésus à Jérusalem, porté par un ânon
Avec un texte pareil, on ne peut éviter de parler de Jérusalem. C'est un sujet dont parlent souvent les médias français, sauf en ce moment, comme si les élections présidentielles françaises allaient changer la face du monde !
Qu’est donc Jérusalem ?
Le Psaume 48 parle de Jérusalem comme d’une ville défendue par le Sei-gneur lui-même.
Invincible !
Tout le mon-de s’y casse les dents. Le pasteur Al-phonse Mail-lot écrit : « Jérusalem abrite le Seigneur, mais Il abrite aussi Jérusalem ».
Qu’est-ce que Jérusalem pour les musulmans ? La troisième ville sainte, seulement la troisième ville sainte, après La Mecque et Médine, la troisième ville sainte, parce que c’est de là que Mahomet serait monté au ciel.
Qu’est-ce que Jérusalem pour les Juifs ? La ville qui est dans leur cœur depuis 3000 ans, la ville pour laquelle chaque jour depuis 3000 ans montent des prières de toutes les synagogues du monde, du fin fond de l’Inde ou de la Chine jusqu’au fin fond de la Guyane ou de la Martinique. Chaque maison juive est construite en fonction de Jérusalem et à chaque mariage juif la destruction du temple est évoquée quand le marié écrase un verre avec son pied. Voilà pour les Juifs.

Qu’est-ce que Jérusalem pour les chrétiens ?
Ce sera l’objet de notre prédication.
Si on remonte dans le temps, la présence chrétienne s’y est historiquement manifestée par la présence des troupes britanniques après la première guerre mondiale et celle des croisés chrétiens de la fin du 11° siècle jusqu’à la fin du 13° siècle. Ceux qui ont le plus souffert des croisades, ce ne sont pas les musulmans, mais les Juifs, d’abord ceux d’Europe massacrés sauvagement par milliers, puis ceux de Jérusalem brûlés vifs dans leur synagogue par les chrétiens. La quatrième croisade consacra, elle, la rupture entre chrétiens d’Orient et chrétiens d’Occident, du fait que les croisés européens détruisirent ce qui fut depuis 1000 ans la capitale chrétienne de l’orthodoxie, Constantinople.
Lorsqu’ils s’en prennent aux Juifs, les chrétiens détruisent la source de leur unité !
Si on remonte encore dans le temps, on arrive à Jésus entrant comme Roi à Jérusalem sur un ânon et ce roi, au plus fort des ovations qui lui sont adressées, pleure. Il pleure sur Jérusalem. Que dirions-nous d’un candidat aux présidentielles qui se mette soudain à pleurer devant les journalistes ?

Nous ne sommes plus sur le même registre. Et pourtant il s’agit toujours de Jérusalem.
Jésus a toujours refusé d’être acclamé comme roi. Il a même interdit sévèrement à Pierre de dire qu’il est le Messie. Et à un moment de son bref ministère terrestre, Luc nous dit (9/51) que Jésus « durcit sa face pour prendre la route de Jérusalem ».
Jésus est dans l’attitude du Serviteur du Seigneur dont parle Esaïe (50/6) :
« le Seigneur m’aidera, c’est pourquoi je n’ai pas honte, j’ai durci ma face comme un silex ».
Ce serviteur incarne tout Israël au moment de l’exil à Babylone, l’Israël fidèle à la Thorah, résistant à l’idolâtrie, gardant les yeux fixés sur Jérusalem. La chrétienté qui, en Europe et jusqu’à Jérusalem, s’est acharnée avec tant de cruauté sur les Juifs, a été obligée de constater cette résistance, cette ténacité : les Juifs ont préféré la mort pour sanctifier le Nom du Seigneur, plutôt que le baptême forcé.
Jésus a la même attitude que le Serviteur : il durcit sa face pour aller à Jérusalem. Rien ne peut l’arrêter. Il y va aussi au moment choisi par son Père, pas à n’importe quel moment. Et cette fois-ci, il veut que Jérusalem crie de joie, l’acclame comme Sauveur, comme Messie, comme Roi, Fils de David.

Jésus a soigneusement préparé cette entrée triomphale dans Jérusalem : Il avait choisi un ânon sur lequel personne n’était encore monté ; l’animal est ainsi symbole de pureté, capable de porter quelqu’un qui est saint.
Voilà, ça s’est passé : une fois dans son histoire, Jérusalem a accueilli son Messie, sans effusion du sang de ses habitants ; s’il y a eu effusion de sang, ce fut celui du Messie, de YeSHou’a, Jésus comme on dit en hébreu, mort et ressuscité à Jérusalem.
La joie pour Jérusalem, les larmes pour lui, Jésus.
Les larmes plus tard pour Jérusalem aussi, et jusqu’à aujourd’hui. Jésus porte en lui toutes ces souffrances de Jérusalem.
L’Eglise a fait un contresens en retournant contre Jérusalem les pleurs de Jésus, en interprétant ses paroles de compassion comme des paroles de condamnation. Et cela nous oblige toujours à nouveau à nous poser la question : avons-nous bien reconnu qui est Jésus ? Savons-nous de qui nous parlons, quand nous parlons de Jésus ? Il y a un critère pour reconnaître si nous parlons du vrai Jésus ou d’une idole que nous avons nommée « Jésus » ?:
OUI ! LA PAIX !
Spontanément, les disciples en masse accueillent Jésus en criant : « Paix dans le ciel » (v.38). Paix jusque dans le ciel. Désormais, la Jérusalem céleste est reliée à la Jérusalem terrestre par la paix. À nous de le démontrer, en vivant cette paix et en la portant. Elle existe déjà à Jérusalem, entre Juifs croyant en Jésus et Arabes croyant en Jésus, qui se réunissent ensemble. Les combats y existent aussi, mais connaissez-vous une vie chrétienne sans combat ? Chaque combat nous oblige à dépendre toujours plus de Celui qui seul peut donner la paix : YeSHou’a, Jésus le Messie, seul véritable roi de Jérusalem.
Il nous donne fidèlement sa paix chaque matin, comme le Serviteur dont parle Esaïe, qui a l’oreille ouverte à la parole de Dieu et une langue capable de consoler celui qui n’en peut plus. Amen.
jeudi 1 mars 2007 à 18:08 :: "souffles de vie" :: #371 :: rss



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