Souffle de vie - 8 et 9 septembre 2007 - La gestion du temps
recueilli par Michelle d'Astier de la Vigerie, mardi 7 août 2007 | 771 lectures | aucun commentaire
Matthias HELMLINGER, pasteur

"...Où est la limite entre travail et repos, entre prière et action, entre engagement communautaire et vie familiale ? "
Lectures:
Luc 10 - versets 38 à 42 (en parallèle avec Genèse 18 et Colossiens 1/24-29)
Genèse 18 versets 1 à 14
Le SEIGNEUR apparut à Abraham aux chênes de Mamré alors qu'il était assis à l'entrée de la tente dans la pleine chaleur du jour.

Il leva les yeux et aperçut trois hommes debout près de lui.
À leur vue il courut de l'entrée de la tente à leur rencontre, se prosterna à terre et dit :
"Mon Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, veuille ne pas passer loin de ton serviteur.
Qu'on apporte un peu d'eau pour vous laver les pieds, et reposez-vous sous cet arbre.
Je vais apporter un morceau de pain pour vous réconforter avant que vous alliez plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur."
Ils répondirent: "Fais comme tu l'as dit."
Abraham se hâta vers la tente pour dire à Sara: "Vite! Pétris trois mesures de fleur de farine et fais des galettes !" et il courut au troupeau en prendre un veau bien tendre.
Il le donna au garçon qui se hâta de l'apprêter. Il prit du caillé, du lait et le veau préparé qu'il plaça devant eux; il se tenait sous l'arbre, debout près d'eux.

Ils mangèrent et lui dirent : "Où est Sara ta femme?" - Il répondit: "Là , dans la tente."
Le SEIGNEUR reprit: "Je dois revenir au temps du renouveau et voici que Sara ta femme aura un fils." Or Sara écoutait à l'entrée de la tente, derrière lui.
Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d'avoir ce qu'ont les femmes.
Sara se mit à rire en elle-même et dit : "Tout usée comme je suis, pourrais-je encore enfanter ? Et mon maître est si vieux !".
''Le SEIGNEUR dit à Abraham :
- " Pourquoi ce rire de Sara ? Et cette question : Pourrais-je vraiment enfanter, moi qui suis si vieille? Y a-t-il une chose trop prodigieuse pour le SEIGNEUR ? A la date où je reviendrai vers toi, au temps du renouveau, Sara aura un fils."

Lettre de l’apôtre Paul aux chrétiens de Colosses en Asie Mineure
chapitre 1 versets 24 Ã 29
Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et ce qui manque aux détresses du Christ, je l'achève dans ma chair en faveur de son corps qui est l'Église; j'en suis devenu le ministre en vertu de la charge que Dieu m'a confiée à votre égard : achever l'annonce de la parole de Dieu, le mystère tenu caché tout au long des âges et que Dieu a manifesté maintenant à ses saints.
Il a voulu leur faire connaître quelles sont les richesses et la gloire de ce mystère parmi les païens : Christ au milieu de vous, l'espérance de la gloire ! C'est lui que nous annonçons, avertissant chacun, instruisant chacun en toute sagesse, afin de rendre chacun parfait en Christ. C'est le but de mon labeur, du combat mené avec sa force qui agit puissamment en moi.

Luc 10 versets 38 Ã 42
Comme ils étaient en route, il entra dans un village et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison.
Elle avait une soeur nommée Marie qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Marthe s'affairait à un service compliqué.
Elle survint et dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma soeur m'ait laissée seule à faire le service? Dis-lui donc de m'aider."
Le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour bien des choses. Il est besoin de peu de choses, même d’une seule.C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée."
Où est la limite entre travail et repos, entre prière et action, entre engagement commu-nautaire et vie familiale ?
Que nous nous posions ou non ces questions, ce texte a quelque chose d’essentiel à nous dire.
Essentiel, car Jésus est très catégorique dans sa réponse à Marthe :
« Il est besoin de peu de choses, même d’une seule. C’est bien Marie qui a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas enlevée » (v.42)
La plupart des gens se reconnaissent dans Marthe, pourtant.
Je la trouve même ici à l’image d’Abraham le croyant : à ses visiteurs, Abraham dit peu :
« on va vous apporter un peu de pain »
et fait beaucoup :
« vite, des galettes, veau qu’il sort de l’étable pour faire un méchoui, du lait caillé…etc.. ».
Quel repas !
Marthe ressemble à Abraham dans son hospitalité, et pourtant Jésus lui donne tort. Cela demande réflexion !
On est encore plus surpris, quand on voit à nouveau cette même Marie faire, non pas un gaspillage de son temps, mais un gaspillage de son argent : elle répand sur les pieds de Jésus un parfum représentant plusieurs mois de salaire*.
- *Note M.A.V: 300 deniers: Prix estimé par Judas, exactement dix fois le prix que le même Judas a accepté pour "vendre" Jésus aux Pharisiens !

J’aurais fait la même réflexion que Juda : cet argent aurait été tellement utile pour les pauvres !
LÃ encore,
Jésus donne raison au gaspillage de Marie :
« Laisse-là ,
elle observe cet usage en vue de mon ensevelissement.
Des pauvres, vous en avez toujours avec vous (sous-entendu : vous pourrez leur faire du bien quand vous voudrez), mais moi, vous ne m’avez pas toujours » (Jean 12/8).
Ce deuxième épisode de la vie de Marie nous conduit à mieux comprendre : en écoutant Jésus, en ne faisant rien que l’écouter, Marie a été conduite à son ensevelissement, à cet endroit où, en présence de Jésus, il n’y plus rien à lui donner, mais seulement à recevoir de Lui.

C’est par sa mort que nous recevons la vie :
La vie éternelle, que nous cherchons tant dans nos multiples activités.
Sachant bien que notre vie est mortelle, nous cherchons la sur-vie à travers nos œuvres.
Abraham ayant reçu une résurrection* à travers son hospi-talité,
nous imaginons que Dieu fera de même avec nous, si nous faisons beaucoup pour Lui.
(* Isaac, fils de la résurrection, car né d’un homme et d’une femme ménopausée, d’un couple stérile depuis toujours)
Or, cette tendance indécrottable à toujours vouloir faire quelque chose pour Dieu, pour qu’il nous récompense, est ici dénoncée par Jésus dans sa réponse à Marthe :
Marie a choisi la meilleure part.
Le mot « part » évoque la notion « d’héritage ».
Les 12 tribus d’Israël ont eu chacune leur part à la terre promise de Canaan.
Comment avoir part au royaume de Dieu, comment puis-je hériter de la vie éternelle ?
C’est exactement la question que l’on pose à Jésus juste avant notre texte :
« Maître, que dois-je faire pour recevoir en partage la vie éternelle ? » (v.25).
Le légiste qui pose la question est encore dans le « faire ». Faire quelque chose pour hériter de la vie éternelle.
Imperceptiblement, nous y revenons sans cesse,
parfois même après avoir expérimenté la grâce de Dieu,... même souvent !

Que dois-je faire ?
Marie est sortie du faire,
elle a été entraînée par la Parole de Jésus
jusqu’à son ensevelis-sement,
où Dieu fait notre salut à notre place,
en Jésus-Christ.
Oui, me direz-vous, mais Jésus avait quand même besoin que Marthe lui prépare un repas, et Marie a été bien contente de goûter aussi à ce repas !
Il est certes difficile d’enseigner un ventre vide. Mais les réponses de la Bible peuvent ici encore nous surprendre.

Un jour, Jésus a parlé à une femme seule, à la vie sentimentale anarchique, une Samaritaine. Il l’amène à Le connaître Lui, Juif Sauveur du monde, non seulement elle, mais tout le village samaritain. Quand ses disciples reviennent du village avec leurs cabas pleins de provisions, Jésus ne mange pas.
Ses disciples sont étonnés :
« Quelqu’un lui aurait-il donné manger ? » (Jean 4/33)
et Jésus répond :
« ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre » (v.34).
Cette femme samaritaine a servi un véritable repas à Jésus, simplement en L’écoutant, en recevant sa Parole. Et Jésus a été rassasié, rassasié de pouvoir accomplir la volonté de son Père, qui est de nous sauver.
Il nous faut nous laisser entraîner par Jésus, comme Marie, comme la Samaritaine, jusqu’à cet endroit où nous ne pouvons plus rien faire pour Lui, où nous ne pouvons que recevoir de Lui : sa sépulture.
C’est là , dans la mort de Jésus que notre salut est opéré par Dieu, Père de Jésus et notre Père.
C’est là que nous devons venir pour recevoir, uniquement recevoir.
Mais je voudrais maintenant rebondir depuis ce lieu, cette sépulture d’où se répand la puissance de la résurrection.
L’apôtre Paul écrit aux chrétiens de Colosses :
« Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous » (Colossiens 1/24).

En prison avec Aristarque, Paul dit que ses souffrances profitent aux chré-tiens libres, vivant à Colosses*
(*ville d’Asie mi-neure,
aujourd’hui en Turquie).
J’imagine que les Colossiens ont eu de la peine à entendre un tel discours.
Ils auraient certai-nement préféré savoir Paul libre et en bonne santé.
Mais Paul se réjouit de ses souffrances. Elles servent aux autres, aux frères, aux sœurs de Colosses. Un tel langage ne peut être compris au premier abord. Il vient du même endroit où, en Jésus-Christ, la faim rassasie.
Jésus ayant faim a nourri Marie,
Jésus ayant soif a donné à la Samaritaine l’eau qui désaltère pour toujours.
Jésus mort et enterré a donné la vie aux morts.
Paul a reçu de son Maître et Seigneur de souffrir avec joie. Beaucoup de textes bibliques parlent de ce paradoxe. Dans les Actes des apôtres, tantôt l’Esprit Saint ou un ange libère les apôtres de prison pour qu’ils retournent annoncer l’évangile au peuple, tantôt Dieu permet qu’ils soient emprisonnés, pour que cet évangile ait encore plus d’efficacité.
Dans un cas ou dans l’autre, la Parole de Dieu progresse.
Mais n’oublions pas d’où vient cette efficacité : de la tombe de Jésus, de cet endroit où nous ne donnons rien, mais où nous recevons tout de Jésus : son salut, son amour, sa joie surnaturelle. Amen.
(Note MAV: le lectorat du blog étant plus faible le Week end, je mettrai régulièrement un seul "Souffle de vie" pour les samedis et dimanches, mes "souffle de vie", en l'absence provisoire d'Eliane, étant souvent beaucoup plus longs et me demandant beaucoup plus de travail. )
mardi 7 août 2007 à 18:20 :: "souffles de vie" :: #719 :: rss






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