Souffle de vie - 25 Octobre 2007- La douceur de Dieu
recueilli par Michelle d'Astier de la Vigerie, lundi 24 septembre 2007 | 682 lectures | aucun commentaire
UNE PRÉDICATION DE MATHIAS HELMLINGER

Psaume 90
Prière, de Moïse, l'homme de Dieu.
SEIGNEUR, d'âge en âge tu as été notre abri. Avant que les montagnes naissent et que tu enfantes la terre et le monde, depuis toujours, pour toujours, tu es Dieu.
Tu fais retourner l'homme à la poussière, car tu as dit : « Fils d'Adam, retournez-y ! »
Oui, mille ans, à tes yeux, sont comme hier, un jour qui s'en va, comme une heure de la nuit. Tu les balayes, pareils au sommeil, qui, au matin, passe comme l'herbe; elle fleurit le matin, puis elle passe; elle se fane sur le soir, elle est sèche.
Oui, nous avons été achevés par ta colère, épouvantés par ta fureur. Tu as placé nos fautes en ta présence, nos secrets à la clarté de ta face. Oui, devant ta fureur s'effacent tous nos jours; le temps d'un soupir, nous avons achevé nos années : soixante-dix ans, c'est parfois la durée de notre vie, quatre-vingts, si elle est vigoureuse, et son agitation n'est que peine et misère; c'est vite passé, et nous nous envolons.
Qui peut connaître la force de ta colère ? Plus on te craint, mieux on connaît ton courroux ! Alors, apprends-nous à compter nos jours, et nous obtiendrons la sagesse du coeur.
Reviens, SEIGNEUR ! Jusqu'à quand ? Ravise-toi en faveur de tes serviteurs. Dès le matin, rassasie-nous de ta fidélité, et nous crierons de joie nos jours durant. Rends-nous en joie tes jours de châtiment, les années où nous avons vu le malheur.
Que ton action soit visible pour tes serviteurs, et ta splendeur pour leurs fils !
Que la douceur du SEIGNEUR notre Dieu soit sur nous !
Consolide pour nous l'oeuvre de nos mains, oui, consolide cette oeuvre de nos mains.
Luc 14 versets 25 Ã 33

De grandes foules faisaient route avec Jésus; il se retourna et leur dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple.

« En effet, lequel d'entre vous, quand il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et juger s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Autrement, s'il pose les fondations sans pouvoir terminer, tous ceux qui le verront se mettront à se moquer de lui et diront : Voilà un homme qui a commencé à bâtir et qui n'a pas pu terminer !
« Ou quel roi, quand il part faire la guerre à un autre roi, ne commence par s'asseoir pour considérer s'il est capable, avec dix mille hommes, d'affronter celui qui marche contre lui avec vingt mille ? Sinon, pendant que l'autre est encore loin, il envoie une ambassade et demande à faire la paix.
« De la même façon, quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut être mon disciple. »
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Je voudrais commencer cette prédication sur un texte difficile de l’évangile par une demande que Moïse fait à Dieu, à la fin de sa prière au Psaume 90 :
« Que la douceur du Seigneur notre Dieu soit sur nous ! Consolide pour nous l’œuvre de nos mains, oui, consolide l’œuvre de nos mains. »

Certainement Moïse a été exaucé :
l’œuvre construite par Israël demeure jusqu’à aujourd’hui ;
le peuple juif n’a pas disparu, comme tant d’autres.
Il est toujours là , depuis le temps de Moïse, depuis Abraham même, et le monde en parle beaucoup, souvent en mal.
Oui, le Seigneur a consolidé l’œuvre de Moïse.
Il consolidera aussi la nôtre, si nous le Lui demandons.
Mais c’est sur la douceur du Seigneur Dieu d’Israël que je voudrais m’arrêter avec vous.
Moïse savait qu’il y a de la douceur dans le Dieu d’Israël.

Ce Dieu qui a fait trembler les Hébreux lorsqu’Il est descendu sur le Sinaï pour donner la Thorah, ce Dieu est un Dieu de douceur.
Le mot hébreu « douceur » est utilisé pour qualifier le miel.
C’est le seul endroit dans la Bible où ce mot est associé au Seigneur :
« Que la douceur du Seigneur notre Dieu soit sur nous »,
demande Moïse.
Et là encore il a été exaucé.
La douceur du Seigneur est sur Israël.
Voyez pour quelle raison Jésus nous encourage à venir à Lui :
« Venez à Moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur »
(Matthieu 11/28-29)
Gardons toujours à l’esprit cette douceur qui caractérise le Seigneur, le Dieu d’Israël, ainsi que Jésus le Messie des Juifs. La douceur caractérise l’action de Dieu envers nous. C’est pourquoi il ne faut donc pas craindre de venir à lui.
Darby traduit ainsi Philippiens 4/4 :
« Que votre douceur soit connue de tous les hommes ».
Au bénéfice de la douceur du Seigneur, nous devons la faire connaître par notre comportement, notre vie.
La douceur n’est pas la faiblesse.
Elle demande au contraire une grande force, une force pour se maîtriser soi-même, modérer ses actes, ses propos.
Seul le fort peut être doux.

Le faible, lui, est violent,
parce qu’il croit que cette vio-lence le protè-gera.
Celui qui se sait protégé par le Dieu Tout-Puis-sant,
Seigneur du ciel et de la terre,
Général en chef de toutes les forces imaginables et inimaginables,
celui-là seul réussit à être doux,
car il a cons-cience que ses défenses sont ailleurs qu’en lui-même.
Jésus est doux. Mais pas faible.
Il a su synthétiser douceur et force quand il a été jugé injustement, torturé, humilié et tué comme un agneau, seul animal qui se laisse égorger sans crier, sans se défendre.
C’est encore le temps de recevoir sa douceur.

Un jour viendra la « colère de l’agneau », comme dit explicitement Apocalypse 6/16, dans une formule paradoxale, car sur terre on n’a jamais vu un agneau en colère !.
Dans le Royaume de Dieu les choses sont différentes.
Mais pour le moment, c’est encore le temps de recevoir la douceur de cet Agneau.
Récemment une Française juive, dont je connais le fils, qui est membre d’une église évangélique à Nîmes, est décédée avec un visage lumineux, en disant :
-« Oh ! que c’est beau ! ». Son fils lui ayant demandé ce qu’elle voyait, elle a pu dire le mot « Agneau » avant de s’en aller.
Je voulais parler de cette douceur du Christ, avant d’aborder ce texte difficile où Jésus nous demande de tout Lui donner : nos biens, nos familles, nos vies.
Il enfonce le clou avec deux paraboles qui nous encouragent à calculer la dépense, avant de nous engager avec lui. Jésus ne fait pas du racolage, si je puis dire. Il ne nous trompe pas sur la marchandise, si je puis dire :
car il n’y a pas de marchandise dans le Royaume de Dieu, seulement des dons, des cadeaux inestimables que Dieu nous fait.
Mais Jésus est clair et on ne peut pas interpréter ses paroles de 36000 façons ou les édulcorer :
« quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient (famille, biens, sa propre vie) ne peut être mon disciple ».
Comment comprendre cela ? Comment associer de telles exigences avec ce que Jésus dit concernant sa douceur ?
Avec des exigences aussi radicales, Jésus n’est-il pas dur à l’extrême, comme ces chefs religieux et politiques qui hier, comme aujourd’hui exigent le sacrifice suprême, le sacrifice de nos vies ?
Cet été, à Charmes en Ardèche, à la retraite de l’Union de prière où j’étais avec ma famille, une sœur, sœur Lucie-Martine de la communauté protestante de Grandchamp en Suisse nous a dit quelque chose qui m’a aidé à comprendre ce que dit Jésus ici.
Elle nous a rapporté une phrase de la prieure de Grandchamp :
- « Ce n’est pas le renoncement que je mets en premier, c’est l’amour ».
La vie en communauté exige des renoncements. Renoncements qu’on fait difficilement si on n’aime pas les autres. Quand on aime, les renoncements sont faciles. Les amoureux en savent quelque chose.

Peut-être est-ce pour cela que la relation du Seigneur et d’Israël est comparée à une relation amoureuse, ou entre le Christ et l’Église ?
Le Seigneur Dieu s’est laissé humilier dans son alliance avec Israël, mais il ne la rompra jamais. Pour qu’Il la rompe, il faudrait que le ciel et la terre cessent d’exister. C’est ce que disent maints prophètes.
De même le Christ s’est donné totalement pour faire vivre l’Eglise.
Quand nous recevons cet amour de Dieu pour Israël, en Jésus-Christ, nous recevons en même temps la capacité du renoncement total.
Ce n’est pas nous qui en sommes capables, mais c’est bien en nous que le Christ dépose cette capacité du don total.
Le meilleur exemple biblique est l’apôtre Pierre. Il disait être prêt à donner sa vie pour Jésus, même si tous le reniaient. Jésus ne l’a pas cru un seul instant.

(Pierre se repent)
Jésus a simplement prié pour lui, pour qu’après son triple reniement, Pierre découvre l’amour de Jésus au cœur de sa vie, comme un fondement placé dans sa vie de berger de l’Eglise.
Pierre n’y est pour rien, mais l’amour de Jésus y est pour quelque chose.
Un autre exemple, un exemple actuel, un té-moignage que j’ai entendu cet été de la bouche d’une paroissienne réformée de Paris.
Elle avait été opérée d’un cancer au cerveau.
Quelque temps après, la tumeur a redémarré. Maux de tête terribles. La mort comme horizon. Elle a demandé la guérison dans de nombreuses réunions de prière. Toute une chaîne d’intercession dans le monde s’est mise en place.

Un jour, le Seigneur lui demande si elle désirait plus la guérison que Lui, le Seigneur ! ?
Quelques mois après, lors d’une énième réunion de prière, la guérison est venue. Dans le même service de médecine à Paris, où on avait gardé tout son dossier, le médecin a constaté sur les radios la disparition totale de la tumeur ; une toute petite cicatrice, imperceptible à la personne non avertie, témoignait encore qu’il y avait eu à cet endroit du cerveau une tumeur.
Après avoir médité ce témoignage, je me suis dit intérieurement : n’est-ce pas un peu cruel de la part du Seigneur, de demander à une personne malade, souffrante, si elle désire la guérison plus que Lui, si elle désire la guérison plus que le Seigneur, Sa Présence ?
Et bien non ! Il s’agit là au contraire de l’acte le plus charitable que le Seigneur pouvait faire pour cette femme. Y a-t-il rien de plus beau, rien de plus puissant, de plus précieux que l’amour du Seigneur crucifié, la vie du Ressuscité, la vie éternelle ?
Cette femme aujourd’hui est une personne tout à fait ordinaire, comme vous et moi, mais quand elle parle du Seigneur, il y a dans ses paroles une force qu’elle n’aurait pas eue, si elle avait simplement été guérie physiquement.
Elle a su s’abandonner au Saint-Esprit qui l’a conduite à recevoir la douceur du Christ, à recevoir l’amour de Jésus, en plus de la guérison physique.
Aimer le Seigneur, c’est tout lui donner et nous donner aux autres.
Ce n’est pas une affaire réservée à quelques élus, à quelques saints qu’on va encenser. Jésus dit bien dans notre texte :
« Quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut être mon disciple ».
« Quiconque » : nous sommes concernés !

C’est le B.A.BA de la vie chrétienne, c’est un principe élémentaire, qui nous a été signifié à tous dans le baptême, puisque le baptême n’est rien d’autre que la mort et la résurrection dans le Christ.
De même que nous ne nous sommes pas administrés à nous-mêmes le baptême, c’est un frère, une sœur qui nous l’a donné au nom du Christ, de même c’est le Christ qui met en nous son amour, la capacité du don total, ce n’est pas nous qui le faisons.
C’est Lui qui le fait.
Il n’y a pas à en douter. Il sait ce qu’il dit. Il est doux et chaque mot qu’il prononce est donc juste.
Amen.
lundi 24 septembre 2007 à 19:37 :: "souffles de vie" :: #793 :: rss



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