UN TROP LOURD SECRET - témoignage de Bernadette
recueilli par Michelle d'Astier de la Vigerie, mercredi 10 octobre 2007 | 2080 lectures | 14 commentaires

Marc 5Â : 19
« Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t'a fait, et comment il a eu pitié de toi. »
C’est par un témoignage vécu que je partage la naissance de ma foi en Jésus-Christ et comment j’ai découvert la bible, ce livre extraordinaire que chaque être humain devrait parcourir sous l’inspiration du Saint-Esprit et par la prière.
Ce livre m’a sortie d’un gouffre d’injus-tices
et de souffrances intérieures.
Tout a commencé dès mon plus jeune âge : la soif de connaître Dieu, un besoin affectif que personne ne pouvait comprendre, car je ne parlais pas de ce que j’avais vécu enfant,
puis ce vide incessant de mon cœur insatisfait, un vide que rien ne pouvait combler malgré le bien-être matériel.
Nous n’étions pas dans le besoin et ne connaissions pas la faim en tant que famille de neuf enfants, dans cette île de la Martinique aux belles fleurs et dont les épines se cicatrisent longuement.
Dès ma naissance, la protection de Dieu était sur ma vie. Ma Tante m’a souvent raconté que j’ai été sauvée de mon berceau en flammes, mon frère ayant joué avec des allumettes. C’est une servante qui a pris conscience que mon cri n’était pas le même que d’habitude. Mon pied était attaché aux barreaux et mon frère n’a rien trouvé d’autre à dire que :
- « Une mouche l’a piquée, grand-mère !»
quand celle-ci s’informa de la raison de mes cris !
Pourquoi n’ai-je pas été grillée ce jour-là  ?
On habitait cette grande maison en bois avec un joli parc d’amandiers où j’aimais me balancer la tête en bas, les pieds dans des anneaux, comme dans un cirque.
Il y avait un vieux grenier dont les planches étaient pourries. Un jour la jambe de maman passa à travers le plancher de sa chambre.
Je garde aussi en souvenir le bras de ma sœur enroulé par une corde quand elle tomba d’un arbre...ainsi que le souvenir de toutes mes bêtises, comme celle de brûler les chaussures de mon père ou d’injurier les ouvriers en montant sur un toit.
(Bernadette, petite)
Puis nous avons habité plus haut sous les flancs du volcan. Nous jouissons de la beauté de la nature et des gâteries de toutes sortes !
Mais ma vie a basculé, quand j’ai été victime d’abus sexuels,
et ce dès ma plus tendre enfance, alors que j’étais jusqu'alors pétillante de vie comme le montre cette photo.
Toute petite il y avait déjà eu une première histoire, mais je n’avais alors que cinq ans. J'étais accusée, à tort !, d’avoir été le jouet d’un fils d’ouvrier, « Ernest ».
Un de mes frères s'était précipité pour raconter à maman, à sa façon, une histoire fausse, qui est devenue une épée dans mon cœur.
On me torturait en me rappelant sans cesse ce prénom d’ouvrier...
Puis je subis, un jour, de l’exhibitionnisme dans un des endroits où je jouais seule. Celui qui avait la confiance de toute ma famille, un homme âgé, me fit des attouchements sexuels, puis me viola.
Cet homme me poursuivait dans tous les endroits où nous avons habité  : Basse-pointe, Lamentin (Roches carrées), Diamant et même aux ilets du François où nous passions nos vacances.
Il était toujours dans des endroits éloignés : pavillon, dépôt et même dans un abri de compteur électrique pour que personne ne puisse nous voir.
Je ne pouvais le dénoncer, on ne me croirait pas !
C’était inimaginable, j’étais envoûtée et comme prise à son jeu.
J’étais son esclave et comme cela se faisait toujours en cachette, il me fallait mentir et camouffler.

J’ai appris sa mort il y a six ans.
Je me détestais de plus en plus.
Alors que mes oncles et tantes me disaient serviable et gentille, les autres subissaient mon mauvais caractère et mes réactions violentes.
J’étais souvent seule dans un coin, souffrant d’un terrible manque affectif et du poids de mon silence et de ma torture intérieure.
Je me souviens encore qu’à « Roches Carrées » il y avait une petite chapelle abandonnée que je nettoyais souvent, car j’allais me réfugier dedans.
Mais je faisais aussi beaucoup de bêtises dans l’usine désaffectée à côté, en sautant sur les tôles, ce qui faisait un bruit terrible.
J’entraînais mes petites sœurs dans mes jeux dangereux. Je grimpais dans un prunier et je bombardais de prunes les ouvriers qui y passaient.
Un jour, l'un d'entre eux m’a dit :
- « l’amour commence par la haine » !
Il y avait aussi un vieux piano dans un pavillon et je faisais exprès de jouer le plus fort possible et n’importe comment !
Je crois que j’étais atteinte de folie.
Quand je mettais la musique c’était toujours à fond ! Je ne savais pas mettre des limites au bruit, aux blagues et aux jeux.
Au Diamant, il y avait aussi une petite chapelle au bord de la route où j’allais pour parler à un Dieu en forme de statue. Il y avait des fleurs fânées, des bougies usagées et je balayais sans jamais rencontrer une personne avec qui parler. C’était une forme de recherche de Dieu très forte, mais rien ne parvenait vraiment à me calmer, et, de toute façon, les statues restaient de marbre, incapables de m’aider !
Un jour une de nos servantes est partie précipitamment du Diamant. Elle avait dû découvrir ce qui m'arrivait avec le vieux monsieur, car jamais maman n'a su le pourquoi de son départ.

Je me souviens encore combien je me sentais sale intérieurement et combien le dégoût, la honte et le mensonge étaient ancrés en moi.
Cela a duré jusqu’à mon cheminement vers le Seigneur.
J’avais 15 ans quand j'ai commencé à essayer de dire « NON !» à mon violeur, mais c’était impossible de résister au diable, sans la force du Christ en moi !
Le diable a détruit ma vie mais pour me jeter dans les bras d’un Sauveur qui lave nos péchés. Quand nous étions en vacances, j’envoyais des pierres la nuit sur les toits en tôle au-dessus des chambres des  servantes. Elles hurlaient pensant que c’étaient des zombis. J’ai fini par recevoir en retour un manque d’affection de la part de ceux qui m’entouraient et cela me fit encore plus souffrir.
Il y avait toutes sortes d’angoisses en moi, des peurs et un tel vide !
Un de mes oncles me surnommait « le volcan », mais il avait de l’affection en le disant, ce n’était pas pour me détruire.
Donc j’ai grandi dans une atmosphère intérieure tourmentée. Je cherchais désespérément Dieu. Dans un couvent catholique où je suivais mon cycle scolaire, j’avais demandé un nouveau testament qui était distribué par les Gédéons (1) et je le gardais toujours avec moi, où que j’aille.
Un jour une religieuse sortant de son jardin me remarqua et me dit :
- « Le Seigneur Jésus est merveilleux ! »Â
Elle me le dit plusieurs fois avec ses petits yeux bleus lumineux. Je ne la revis plus.

Je n’oublierai jamais,
non plus,
mon nau-frage à bord d’un voilier qui faisait la traversée entre l’île de St Barth et la Guadeloupe dans la Mer des Caraïbes. J’avais accepté d’une de mes belles-sœurs un billet d’avion pour St Barth. En allant chercher le billet, je ne pris que l’aller simple.
Pour le retour, j’avais appris par des connaissances qu’un monocoque ferait la traversée pour un carénage, en vue d’une mise en état générale du bateau. Ce n’était pas rassurant mais j’étais inconsciente du danger. Nous étions en tout trois à bord.
Il y a eu un très mauvais temps dans la traversée des îles vers Antigua puis dans la première nuit la perte de la barque de sauvetage et la voile qui se déchira. Le temps ne nous était pas favorable : trop de vent, puis un manque de vent prolongé nous a fait dériver très loin et tourner en rond.
Chaque fois qu’on s’approchait des côtes, il n’y avait plus de vent et on ne voulait pas gaspiller le gaz-oil car il n’y en avait pas beaucoup à cause des grèves qui sévissaient avant notre départ de St Barth.
Les jours suivants, les provisions manquaient à bord. Je faisais des va et vient dans la cabine pour prier. Étant à la recherche de Dieu, j’avais toujours le nouveau testament bleu des Gédéons avec moi et je voulais vivre quelque chose de fort spirituellement.
J’avais tellement soif de rencontrer Dieu !
(L'archipel des Saintes)
Ces hommes étaient diplômés de la marine mais ils laissaient le découragement et l’échec les gagner. Il n’y avait plus de solution et je les vis résignés, face au nombre des rochers.
Il semblait impossible de ne pas s'écraser, alors qu'on s’approchait des Saintes. Et pourtant, on était si près d’une Côte désertique !
L’état de délabrement du voilier en disait long.
C’en était fini pour le ba-teau et pour nous trois.
Je décidai de prier une dernière fois le Christ vi-vant et res-suscité et Il m’exauça à temps !
En remon-tant sur le pont,
je leur dis avec une autorité qui n’était pas du tout la mienne  :
- "mettez le foc, la toute petite voile de secours et traversez entre les rochers qui frôlent le bateau !"
Ils m’ont écoutée et m’ont dit tout en tremblant :
- "on n’en revient pas de la leçon que tu nous as donnée, nous des experts maritimes !"
Réellement, c’était bien la seule solution à notre problème, a dit l’expert ensuite. Mais on n’y avait même pas pensé ! Je savais que c’était Dieu qui avait agi !
Nous mangions des carrés de sucre à la fin de notre périple et quand nous sommes arrivés au port par miracle, ma famille de Guadeloupe m’attendait dans leur bateau et ils n’en revenaient pas de me voir très joyeuse de mes aventures.
Nous avons su par la suite que des avions et des hélicoptères nous recherchaient et qu’ils ne nous trouvaient pas. Toute ma famille était donc très inquiète.
(un coin de la Guadeloupe.)
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À l’âge de 19 ans, étant fiancée, j’allais régulièrement en Guadeloupe rencontrer la belle-famille pour les préparatifs de mon mariage.
Tout semblait marcher, pourtant je voulais rompre mes fiançailles car quelque chose n’allait plus entre nous.
Je n’arrivais pas à m’en sortir.
Un jour je fis un remplacement dans un bureau voisin de mon oncle en Martinique et j’ai rencontré une secrétaire qui me dit :
- « Jésus est merveilleux, confie-toi en lui et lis ton nouveau testament. »
Chaque fois que j’allais la voir, elle était radieuse de la beauté du Seigneur et très à l’écoute des autres. Elle me parlait souvent de Jésus.
Je ne lisais toujours pas ce petit livre bleu.
Je le prenais plutôt comme un livre protecteur.
Je pris à nouveau l’avion pour la Guadeloupe pour rejoindre mon fiancé.
Ce soir là , il voulait que l’on aille visiter une de nos tantes.
Je n’arrivais toujours pas à rompre et mon cri montait vers un Dieu que je ne connaissais pas.
Me remémorant les paroles de cette secrétaire qui me disait :
- « Si un jour tu rencontres de réelles difficultés, ouvre ta bible et demande à Dieu de te parler »
je pris mon Nouveau Testament et je me mis à parler à Dieu de ma détresse.
Quand j’ouvris le livre, je tombai sur ce passage :
Psaumes 46Â : 2
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. »
Mon cœur s’est mis à palpiter, car Dieu était présent ! Il me parlait à cet instant d’une manière précise que Lui seul pouvait connaître. Je crus en Ses paroles et je savais qu’Il allait m’aider ce soir là .

Effectivement le miracle se produisit. Mon fiancé prit sa voiture et en allant voir cette tante, il prit un autre chemin et s’arrêta pour me faire part de sa décision, car il se rendait compte, lui aussi, qu’on ne pouvait plus continuer.
- « Je te rends ta liberté, Dieu a un meilleur mari pour toi, je ne suis pas celui qu’Il te destine. »
Telles furent ses paroles !
Un profond désespoir m’envahit quand même, et je pris l’avion pour rejoindre ma famille.
Hélas, j’oubliais vite ce Dieu puissant qui m’avait aidée. Et j’oubliais aussi mon petit Nouveau Testament.
La famille n’avait pas approuvé mon choix de me fiancer à cet homme, et elle avait raison : c’était l’ancien petit ami de ma grande sœur.
Je ne me sentais ni écoutée, ni comprise et j’avais le poids de mon passé qui remontait à la surface.
Je vivais un vide affectif, une solitude terrible. On peut être dans une foule et se sentir complètement seul. Je ne trouvais jamais quelqu’un qui pouvait m’écouter, ou une oreille attentive.
Leur rejet me fit très mal, mais nul ne s’en rendit compte…
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Un jour, je fis une grave dépression, je voyais tout en noir et je me renfermais sur moi-même avec des pensées destructrices sur ma vie.
Un dimanche matin je suis rentrée dans la cuisine de maman pour lui dire « adieu » et je l’embrassais une dernière fois. Puis je suis montée dans sa pharmacie et j’ai avalé toute une plaque de somnifères en disant à Dieu qu’il s’était trompé quand Il m’avait fait naître, que j’étais de trop dans la famille. Je lui demandais pardon de faire cet acte d’en finir avec ma vie.
J’avais 19 ans.

Ma sœur me retrouva inconsciente sur un lit, agonisant déjà et c’est mon père, au risque de sa vie, parce qu’il conduisit à une vitesse folle, qui m’amena chez un médecin.
Mais, selon ce médecin, il était presque trop tard, "à moins d’un miracle", pour aller à l’hôpital.
À mon réveil, le médecin me dit :
- Cinq minutes de plus et vous étiez finie ! Remerciez votre père et surtout ne recommencez pas ce geste.
À ce moment là je compris la grâce et l’amour de Dieu sur ma vie et je décidai de le rechercher davantage. Je restais des jours et des jours le nez dans ma bible, et dans la prière.
Je finis par trouver des amis qui aimaient ce livre autant que moi puis je décidais de me joindre à eux.
Dans une librairie chrétienne, je rencontrai un pasteur qui me prêta des livres que je devais lui rendre bientôt, mais le temps passa. J’avais besoin du pardon de Dieu dans ma vie et au fond de moi je fuyais Dieu : j’avais honte de moi.
Quand le temps est venu de rendre les livres à ce pasteur, je lui rendis visite et ce jour-là il me parla comme Dieu sait parler à nos cœurs !
- « jusqu’à quand vas-tu courir et me fuir ? Il est temps pour toi de me donner toute ta vie » me disait cette voix audible de Jésus pendant que le pasteur priait.
ma résistance fut vaincue et je criai à Dieu d’entrer dans mon cœur et de me transformer. Alors, je découvris la paix et l’amour de Dieu.
Face à mon cœur pécheur, il y avait la croix de Jésus qui avait déjà tout payé !
Mon père et ma mère supportèrent difficilement mon choix pour Jésus. Ils ne comprenaient plus ma façon de vivre et n’approuvaient pas que j’aille à ces réunions bibliques.

Quand je partais le dimanche matin au culte, je faisais mon possible pour rentrer tôt afin d’éviter la colère de mon père, mais c’était difficile de rentrer vite une fois le culte fini : je voulais saluer les gens, les connaître, découvrir leur cheminement avec Dieu, écouter leur témoignage, les miracles du Seigneur et partager aussi ma foi nouvelle.
Mon père ne me parlait presque plus et ce silence m’étouffait : il fallait briser cette glace entre nous.
Puis maman vint dans ma chambre et me dit des paroles blessantes sous le coup de la colère. J’étais choquée et les jours suivants furent impossibles à vivre. Je pris donc la décision de les quitter et je cherchais un endroit où loger.
J’avais appris qu’il y avait une chambre d’hôtes à l’église pour ceux qui voulaient se retirer avec le Seigneur dans la prière. Un matin je fis venir un taxi après des discussions vives et je quittais ce climat d’hostilités.
Mon père me dit :
- « Si tu pars d’ici, tu ne seras plus jamais ma fille. »

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Je partis le cœur brisé.
Cette décision me fit beaucoup réfléchir et je demandai à ma mère d’accepter ma foi, sinon je ne retournerai pas à la maison. Dans cette petite chambre je restais quelques mois pour que l’atmosphère avec mes parents se détende un peu. Ma mère vint me chercher, elle me laissa fréquenter les chrétiens évangéliques de la commune, mais le dialogue était tendu.
Mon père tomba gravement malade, il partit précipitamment à Paris pour se faire hospitaliser et il me confia la propriété, ce que je fis avec joie et à son retour il avait encore besoin de moi à cause d'une minerve au cou qui lui interdisait de conduire.
On ne pouvait plus s’éviter après ces orages. Je fis des va et vient à son travail en voiture : j’étais son chauffeur. Ainsi il se rapprocha de moi. Le Seigneur a même permis qu’il retire ses paroles de rejet devant quelqu’un à qui il me présenta en disant :
- « voici ma fille ! ».
Je n’oublierai jamais son regard ce jour-là , un regard qui en disait long.
Aujourd’hui je veux dire combien ce choix de laisser à Dieu ma vie est important afin d’être prête quand mon souffle s’éteindra.
Si j’étais partie lors de mon suicide, c’était une séparation éternelle avec Dieu. C’est pourquoi je bénis Dieu pour ceux qu’il a choisis de mettre sur ma route.
J’ai tardé à lui obéir tout de suite. Notre cœur à tous a besoin d’une réconciliation avec Dieu, car il est mauvais dès notre naissance dit la bible.
Oui mon cœur était plein de haine cachée, lourd d’un très grand fardeau, et rempli de crainte de l’homme.
Seul Dieu pouvait intervenir !
C’est pourquoi ce miracle j’ai voulu l’écrire aujourd’hui puisque je n’arrive pas à parler de ces choses. Ne pas pouvoir parler d’un homme qui m’a violée, ne pas pouvoir parler de Jésus qui m’a aimé sur cette croix, ne pas arriver à m’exprimer correctement dans la société, à cause de la peur des hommes.
Oui, Jésus guérit encore aujourd’hui.
Il m’a aidée à tout pardonner, à aimer la vie, à aimer toutes les races, à bénir toute ma famille et à les aimer. Tout ce passé a été lavé par le sang de Jésus. Le pardon est là face à toute injustice de l’homme.
L’école du Seigneur a commencée par un engagement personnel en 1979, j’avais 20 ans, puis un engagement financier en vivant par la foi au sein de la mission « La Croisade du Livre Chrétien »(2) dès 1984, pendant sept années en Martinique et en France où j’ai appris la dépendance totale de Dieu pour subvenir à mes besoins.
Apprendre à travailler avec des personnes de culture différente, de dénominations chrétiennes diverses, tout cela fut très bénéfique et enrichissant pour ma foi.
Combien d’expériences extraordinaires n’ai-je pas vécues, par la simple dépendance de Dieu pour pourvoir à tous mes besoins, et sans le soutien de l’église et de la famille.
Je n’avais pas de salaire sinon des dons envoyés à la mission pour partager entre les équipiers,
C’est lors d’un remplacement dans une des librairies C.L.C. (3) dans la ville de Lyon que j’ai rencontré Jean-Luc qui venait comme client se procurer des livres.
Il était de plus en plus attiré dans ce magasin et de mon côté je ressentais fortement que Dieu avait d’autres projets pour ma vie. Et ce projet, c’était le mariage et fonder une famille.
Jean-Luc me demanda ma main quelques mois plus tard et je lui appris les problèmes rencontrés dans mon enfance: nous étions à la merci de problèmes conjugaux à cause de ce passé.
Il m’a répondu :
- « telle que tu es, je t’aime et je crois que Dieu fera un miracle dans ce sens ».
Il avait la foi, une totale confiance en Dieu et en Sa parole. J’étais consciente que beaucoup de choses pouvaient nous séparer, mais le Seigneur me rassurait quant à Sa volonté pour ce mariage.
C’est vrai que l’on ne vient pas des mêmes milieux et qu’on n’a pas beaucoup de points communs, mais notre unité venait d’aimer tous les deux très fort le Seigneur Jésus et d’être conduits divinement par Lui dans le plan du mariage qui eut lieu en 1990.
Nos deux filles Déborah et Sarah sont aussi un miracle car un médecin m’avait dit que j’étais stérile et m’avait donné des traitements pour cela, quand je quittais la Martinique.
Aujourd’hui, je veux dire combien les voies de Dieu sont merveilleuses.
Au fil des années nous avons découvert l’importance d’être attachés à la Parole de Dieu telle qu’elle a été enseignée et nous avons eu le privilège de découvrir et de servir le Seigneur au sein d’une autre mission : le ministère de « Compassion » (4)
Bernadette
(1)Les Gédéons : Une association qui distribue des bibles et nouveau-testament dans les lieux publics : hôpitaux, écoles, prisons, centres, etc…
(2) La Croisade du Livre Chrétien : Mission de Littérature chrétienne
(3) CLC : diminutif de la Croisade du Livre Chrétien
(4) Compassion : Œuvre missionnaire dont les fondateurs sont Samuel et Dorothée HATZAKORTZIAN.
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