EGLISE DU PASTEUR OU EGLISE DE CHRIST? de Marie-Joseph MERLET
recueilli par liliane, jeudi 4 juin 2009 | 2842 lectures | 22 commentaires
Mis en page et en image par Liliane
Note M.A.V.: Je veux souligner le courage de Marie-Joseph qui a choisi de témoigner à visage découvert, en sachant que cela pourrait lui valoir des retombées désagréables de son ancienne église. Ses réflexions rejoignent et complètent ce qui est écrit dans l'article "abus spirituels chrétiens" que nous avons mis en ligne récemment, et bien d'autres (voir liens en fin d'article). Ce témoignage peut permettre à certains "blessés des églises" de retrouver la paix, en comprenant que certains actes ecclésiaux n'ont rien de biblique, sont illégitimes, et ne doivent plus être attribués au fait qu'ils sont des "mauvais chrétiens", mais que c'est un système perverti par des hommes iniques qui les a générés contre eux !

Voici les réflexions que j'ai écrites après être sortie d'une église abusive. J’ai beaucoup hésité entre signer anonymement ou mettre ma véritable identité, mais je crois qu’il faut à un moment dépasser ses peurs humaines et s’engager totalement pour Dieu. Je fais donc le choix de signer de ma véritable identité ce texte, quelqu’en sont les conséquences. Ce que j'ai vécu a probablement été vécu par beaucoup d'autres, dans d'autres églises abusives.
La Bible nous parle de l’assemblée des chrétiens, incorrectement traduit par le terme d’église qui vient du grec ekklesia, mais qui n’a malheureusement rien à voir avec l’assemblée des chrétiens telle que définie dans les écritures.
Dans tout regroupement humain il faut une coordination, celle de l’assemblée des chrétiens est définie par les écritures et en particulier par Ephésien 4.
Un pasteur disait souvent « l’église n’est pas une démocratie… » il avait raison, mais avait simplement oublié au passage que si l’église n’est pas une démocratie elle n’est pas non plus une dictature.
L’église est tout « simplement » la communion fraternelle.
Malheureusement certains ( comme dans la démocratie) sont plus frères que d’autres…. :-)
Les pasteurs ont souvent une charge très lourde. Peut être que s’ils étaient les chefs d’orchestre que Jésus leur a demandé d’être, au lieu d’être l’homme orchestre qu’ils sont devenus (certains parce que mal secondé c’est vrai, mais malheureusement certains aussi par autoritarisme excessif) peut être que l’augmentation des « chrétiens sans église locale » cesserait.
Encore faudrait il que ceux qui ont à charge les églises, ne rejettent pas systématiquement les remarques qui leur sont faites, quand ce n’est pas ceux qui les font.
La difficulté quand il y a abus, est de se faire entendre.
Quelque soit le domaine : abus sexuel sur les enfants, violences conjugales, violences sur les personnes âgées, racisme, sexisme, on est toujours confronté à la structure qui refuse le scandale, préférant cacher ce qui est gênant.
Lorsque l’autorité chargée de réprimer ces abus est l’auteur de ces même abus, le problème devient encore plus difficile.
Hors dans l’église locale, il y a trop souvent deux catégories de chrétiens. Peut être devrait on dire les frères et les demi-frères :
1°) : les vrais chrétiens ou les frères.
Ce sont ceux qui ont pris la carte de l’association cultuelle, et donc adhéré aux statuts de cette association humaine, qui très souvent font obligation de soumission au pasteur et versement de 10% des revenus..
Ceux là sont reconnus comme chrétiens à 100%. Ils ont de ce fait accès à certaines réunions, colloques avec des pasteurs, informations qui leurs sont réservés. Ils s’entretiennent entre eux des problèmes de l’église prennent les décisions et rendent compte les uns aux autres, tout particulièrement au pasteur qui chapeaute l’association, des agissements, paroles et comportements des chrétiens de seconde zone.
Les vrais chrétiens sont ceux qui acceptent en totalité et sans contestation, l’autorité du Pasteur. Trop souvent le verset de référence cité est le suivant :
Heb.13.17 : Obéissez à vos conducteurs et soyez leur soumis. Car ils veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte. Faites en sorte qu’ils puissent le faire avec joie et non en gémissant, ce qui ne seraient pas à votre avantage.
A partir de ce verset l’extension suivante en est faite : le pasteur connaît toutes choses, et nous lui devons soumission dans tous les actes de notre vie.
2°) les chrétiens de seconde zone ou demi-frères.
Ce sont ceux qui n’ont pas pris la carte de l’association.
A priori ils sont peu sûr, quelque soit leur temps d’engagement envers Jésus, 1 an ou 15 ans ne change rien, puisqu’ils n’ont pas la carte, ils ne sont pas vraiment reconnus en tant que chrétien. Ces chrétiens de seconde zone, sont tenus d’assister aux cultes. Manquer un culte est signe de faiblesse dans la foi.
Le culte est pour eux le moyen d’apprendre à être chrétien, non pas dans le sens d’évoluer vers une relation personnelle vivante avec Jésus, tournée vers cette question fondamentale « Seigneur montre moi ce que tu veux que je devienne pour toi et guide moi » mais dans le sens d’entrer dans l’église, et donc d’accepter les règles de son fonctionnement.
Ils n’ont pas accès aux informations. On les invite à participer à des réunions ou toutes les décisions sont déjà prises, les places distribuées, ils sont là pour écouter et non participer .
Ce qu’ils ont à dire est soumis à la règle suivante : ce qui enrichi l’église ne peut venir que du haut de l’église, pasteur ou ceux qui ont pris la carte de l’association. Idem pour la critique.
Ce qui est proposé par un chrétien de seconde zone n’est pas recevable dans l’église, car il est considéré comme trop jeune pour savoir.
Si le chrétien de seconde zone pose une question remettant en cause une partie des décisions ou demandant des explications, il peut être accusé d’immaturité, de rébellion, d’orgueil, si il persiste dans sa demande.
Les vrais chrétiens ont prié, donc tout est dit; aucun projet ne sera remis en prière sur la base de l’intervention d’un chrétien de seconde zone.
L’investissement dans l’église est demandé , mais rarement accepté, le chrétien de seconde zone est trop jeune, pour participer il faut prendre la carte de l’association.
Pourtant l’accent est mis en permanence sur l’action, créant ainsi une tension culpabilisante entre « l’obligation sous jacente d’agir » et le refus permanent d’accepter cette action, qui abouti trop souvent à l’allégeance demandée au pasteur.
Les exemples concernant ces deux catégories pourraient ainsi être multipliés.
On peut en retenir deux directions :L’église est basée sur le concept suivant :
Ceux qui ont pris la carte de l’association cultuelle, et non ceux qui ont choisi Jésus.
L’engagement en tant que chrétien dans notre vie personnelle ou extérieure, est soumis au pasteur, toute autre direction est subversive, et montre que nous ne sommes pas vraiment chrétiens.
Cette réalité correspond au verset suivant :
Math.23.16 : malheurs à vous conducteurs aveugles ! qui dites : si quelqu’un jure par le temple, cela ne compte pas, mais si quelqu’un jure par l’or du temple il est engagé. 17 : Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand , l’or ou le temple qui sanctifie l’or ?
Aujourd’hui je crois que Jésus dirait :
« malheurs à vous conducteurs aveugles ! qui dites : si quelqu’un s’engage envers Jésus cela ne compte pas, mais si quelqu’un s’engage envers l’église de Jésus, il est reconnu comme engagé. Insensés et aveugles ! Lequel est le plus grand l’église ou Jésus qui sanctifie l’église ?
Le pasteur de l’église à besoin de co-équipiers pour asseoir son autorité et faire fonctionner l’église. Ces équipiers lui sont soumis de fait puisqu’ils ont pris la carte de l’association. Ainsi le pasteur est reconnu comme celui qui reçoit de Dieu. Le contester c’est contester Dieu.
Le pasteur reçoit de Dieu, ainsi certainement que ces coéquipiers. Mais un chrétien de seconde zone ne peut pas recevoir de Dieu quelque chose concernant toute l’église.
Il ne peut s’agir que d’orgueil spirituel. Ce danger est clairement montrer lors des cultes, ceux qui disent recevoir de Dieu sont des gens dont il faut se méfier, le pasteur doit avoir reçu aussi . « Celui qui reçoit de passer trois jours dans le désert est un élément subversif » (1) , qu’il faut exclure de l’église si il persiste, car il est source de division et montre ainsi un caractère rebelle envers Dieu, dont l’autorité repose sur le pasteur.
L’église des hommes a été le lieu de bien des mensonges et manipulations culpabilisantes.
Aujourd’hui la dîme et sa place dans la vie du chrétien peuvent être source de culpabilité, voir d’humiliation publique. Entendre un pasteur dire « quand on vient au culte on pense à prendre son chéquier (ou son porte monnaie)…… » cela m’a choqué, entendre un chrétien dire « je donne la dîme mais je peux te dire que c’est dur ! ! ! » pose le problème de la contrainte.
Comme en toute chose, Jésus en payant à la croix pour nous, nous a affranchi. La Loi est placée sous la Grâce de Jésus. Ce qui était de par la Loi une obligation, chiffrée, comptabilisée et vérifiée, devient par la grâce de Jésus, un don gratuit, secret, un acte d’amour et de joie fait selon ce que l’Esprit met en chacun de nous.
2 Corinthiens 9.7 :
Que chacun donne comme il l’a résolu, en son cœur, sans tristesse, ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie
Jésus une fois de plus ne regarde pas à la quantité que nous donnons, mais à l’esprit du don. L’éternel regarde à notre cœur pas à nos actions. En donnant notre cœur à Jésus nous lui donnons aussi nos biens donc notre argent…. Donner devrait être naturel pour un chrétien.
Pour la dîme comme pour toute notre vie, Jésus nous a montré la voie. De même que le don est soumis à l’humilité selon Mathieu 6.2 et 3, de même la demande d’offrandes doit être soumise à l’humilité.
C’est aussi un acte de foi et de confiance pour une église que de simplement dire nous avons besoin de tant d’argent pour telle action y compris pour le salaire d’un pasteur. Que chacun donne selon ce qu’il a reçu de donner. Que ces dons soient anonymes, qu’ils se fassent dans le temps que Dieu à prévu pour chacun de nous.
Lorsque nous prions Notre père et que nous lui disons « donne nous aujourd’hui notre pain quotidien » nous soumettons notre vie matérielle à Dieu, et en Luc 12.24 à 31 Jésus nous confirme que notre Père prendra soin de nos besoins matériels.
Il ne nous promet pas du caviar, mais nous donnera ce dont nous avons besoin. C’est aussi un pas de foi que l’église de Christ doit faire. Certaines églises en s’assurant une dîme prélevée chaque mois sur le compte de ses membres, se privent, en assurant leurs besoins matériels, des miracles de Dieu dans leurs vies . « Demandez et l’on vous donnera » pour demander, il faut avoir besoin………
Une église qui ne demande pas une offrande avec humilité, ne donne pas avec humilité.
Car l’argent réclamé à grands cris est donné avec démonstration. Devant toute l’assemblée, humiliant ainsi celui qui reçoit, le plaçant devant tous comme un nécessiteux. Nous avons donné devant tout le monde et ils reçoivent devant tout le monde, devenant ainsi redevable à un groupe d’homme. Il est choquant d’entendre dire que le pasteur est passé voir une famille en difficulté, et que posant le chéquier sur la table il leur a demandé crûment « bon combien voulez vous ? »
Si nous laissons l’Esprit diriger l’offrande, l’église la recevra non pas comme un dû, mais comme un don de Dieu. Quand cette offrande sera donnée, elle le sera comme un don de Dieu, et non comme une charité humaine. De sorte que celui qui la recevra ne puisse que rendre gloire à Dieu, et non aux hommes qui Le servent. Et tous seront dans la joie, certains pour avoir été un outil entre les mains de l’Eternel, et d’autres parce qu’ils vivent les bénédictions de l’Eternel.
Le pasteur porte beaucoup, il est souvent seul face à de grandes responsabilités. Il prend peu à peu l’autorité d’un père sur ses enfants. Plus que tous les autres et à cause de la position d’autorité que les hommes lui reconnaissent, mais qu’il a aussi reçu de Dieu, il doit apprendre à oublier qu’il est pasteur pour ne redevenir, qu’un homme se mettant devant Jésus, afin d’être renouvelé.
Par leurs demandes, leurs attitudes, leurs exigences de présence du pasteur, trop de chrétiens en le surchargeant de responsabilité, l’empêchent de se présenter devant Jésus, comme un simple homme, et d’être ainsi renouvelé. Si les pasteurs font des erreurs, ils y sont aussi poussés par une trop grande exigence des chrétiens de l’église, y compris ceux de seconde zone.
Si ces comportements se produisent dans une église, où le pasteur est déjà par nature, autoritaire et enclin à décider de tout, alors on tombe dans un cercle vicieux. Le pasteur est l’autorité de Dieu sur terre, rien ne se fait sans son accord, chaque membre de l’église se tourne vers lui pour lui demander l’autorisation de faire quelque chose, peu à peu il devient le preneur de décision, qu’humainement il a toujours été, et oubliant ou n’ayant plus le temps de se remettre en tant qu’homme et non en tant que pasteur devant Jésus, il cesse d’être renouvelé.
L’église se sclérose car tout repose sur un seul homme qui n’est plus travaillé par Jésus.
Pour renouveler l’église, c’est le pasteur et les chrétiens qui doivent ensemble et pour le même but être renouvelés. Comme dans un couple à l’arrivée des enfants, une église à l’arrivée de nouveaux chrétiens doit apprendre à grandir et à s’élargir.
Le pasteur, comme le père de famille, doit apprendre à déléguer en toute confiance la totalité d’une responsabilité, cela passe par l’humilité, reconnaître que les autres peuvent assumer sans lui des responsabilités qui autrefois étaient les siennes.
Cela n’enlève rien au partage et à l’information. Le pasteur doit voir les chrétiens grandir vers la maturité, et reconnaître que ceux qu’ils nourrissaient peuvent à leur tour le nourrir. Passer de relation père/enfant à la relation frère/frère (ou sœur) de même qu’en tant que parent nous passons de la relation adulte-décisionnaire/enfants-soumis à la relation adulte/adulte.
La soumission devient alors réciproque par le respect de la place de chacun et la confiance. Le pasteur délègue tout en étant informé et participant à la prise de décision, mais ayant confiance en la maturité de son frère, il ne porte plus cette responsabilité.
Il est libéré d’un travail et peu se consacrer à un autre. De même celui qui a reçu cette responsabilité, peut participer à la croissance de l’église qui s’élargit comme une famille, chacun trouvant sa place dans le respect et la confiance de l’autre.
Dans une famille qui ne voit pas grandir ses enfants, qui ne leur fait pas de place en tant qu’adultes, les enfants partent quand ils sont devenus suffisamment grands. Dans une église ou le pasteur n’accepte pas la maturité des chrétiens ceux ci s’en vont.
Ils ne peuvent se faire une place en tant que frère, mais seulement en tant que chrétien immature, ce qu’ils ne sont plus.
L’église ne grandit pas elle reste une crèche pour chrétien.
« Le pasteur travaille sans le savoir et souvent sans le vouloir contre ce qu’il prétendait bâtir » (1), une église capable d’accueillir les laissés pour compte, une église renouvelée par l’Esprit agissant où Il veut comme Il veut. L’église doit apprendre à arrondir ses angles, et le pasteur, montre le chemin dans cette voie.
L’humilité est le cœur du changement.
L’humilité pour un pasteur sur qui tout repose est aussi difficile à acquérir que pour un chrétien qui dépend pour tout de son pasteur. Dans les deux cas ils doivent marcher main dans la main. Le pasteur devant apprendre à écouter en l’autre ce que Dieu y a mis, l’acceptant comme venant de Dieu, et non comme une contestation humaine à son autorité. Le chrétien de même doit accepter ce que Dieu met en lui et accepter de partager avec le pasteur, sans orgueil ni peur.
Tous deux doivent se voir comme des frères de même valeur ayant le même père, et guidé par le même Esprit. La prière résout les problèmes, car si elle est faite d’un cœur sincère et tournée vers la réalisation des desseins de Dieu, la réponse vient.
Tout différent devrait se résoudre dans la prière personnelle et de groupe, et non au niveau des paroles d’hommes.
Le temps est celui de Dieu, et tant que le différend n’est pas résolu par la prière, il faut éviter de s’engager dans une voie qui n’est peut être pas celle voulue par Dieu. Cela change bien sur les rapports humains dans l’église, la hiérarchie n’est plus la même, elle peut être matérielle, mais sur le plan spirituel, elle s’estompe, laissant de plus en plus de place à celui qui est le seul maître de l’église, Jésus, et à son action au milieu de nous par l’Esprit.
Peu à peu on peut se rapprocher de la communion fraternelle selon Ephésien 4.
L’église peut se vider des chrétiens devenus adultes, mais qui n’ont pas été reconnus comme frères, parce qu’ils n’ont pu entrer dans le moule.
Ces chrétiens n’ont pu vivre dans l’église la place que Dieu leur donnait, car la nature humaine refusait le changement que cela entraînait sur le plan de l’humilité.
Ces chrétiens partent avec ce que Dieu à mis en eux pour participer à la construction de l’église, et l’église ne se construit pas selon le plan de Dieu, mais celui des hommes. Ceux qui avaient une place à prendre n’ont pu la trouver, car le travail de renouvellement de ceux qui détenaient l’autorité n’a pu se faire, parce que trop pris par le temps, les œuvres humaines, les responsabilités, par une vie qui donnait de moins en moins de temps à écouter le cœur de Jésus.
Parce que aussi le courage à parfois manqué à ceux qui auraient du parler pour éviter cette forme de sclérose de l’église. Il est vrai que ceux qui se risquent à parler, sont menacés d’exclusion, et il faut pour pouvoir vivre cela être ancrée en Christ, avoir bâti sa maison sur Jésus et sa Parole, et non sur l’église et son soutien.
Ceux qui apportent le changement des habitudes sont toujours au départ perçus comme des fauteurs de troubles, des aigris, des orgueilleux. Ceux qui mettent le doigt sur un problème, deviennent trop souvent le problème. La seule solution est alors d’exclure celui qui pose problème pour résoudre la situation.
Jésus est apparu comme Le problème pour les pharisiens, ils l’ont rejeté, Luther et Calvin sont apparus comme les problèmes aux Catholiques, ils ont été rejetés. Les Charismatiques ont été les problèmes pour les catholiques. Les premières églises à se réveiller ont été les problèmes pour les autres églises.
Ceux qui se lèvent pour annoncer des choses nouvelles qui vont transformer le quotidien sont toujours des problèmes.
Ce simple fait devrait attirer l’attention des leaders sur celui qui se lève pour parler.
Il est dur humainement pour celui qui construit ou dirige une église d’accepter un changement qui peu à peu lui donne le sentiment d’être dépossédé de ce qui lui appartient.
Beaucoup de chrétien pris dans les œuvres de Dieu, oublient, et cela est humain, que nous vivons pour Dieu et non pour ses œuvres. En nous éloignant parfois de Dieu, nous prenons possession de ses œuvres, nous ne vivons plus pour servir Dieu, nous vivons comme les propriétaires de la vigne.
Les leaders ne doivent pas devenir les boucs émissaires de nos propres faiblesses.
Mais plus que tous, parce qu’ils ont aux yeux des hommes une position d’autorité et de pouvoir, nous devons les soutenir et les garder des faux pas. Cela nous demande du courage et de l’humilité, cela nous demande de garder nos langues.
Mais si hébreux 13.17 doit rester un pilier de l’église, il faut l’associer à Actes 5.29.
Dans ce verset, Pierre qui n’est pas reconnu comme un érudit, s’oppose au Sanhédrin, ceux qui représentent le pouvoir de Dieu. Et cet homme de rien, face aux autorités spirituelles de son temps leur dit : « Il est bon d’obéir à Dieu avant d’obéir aux hommes ».
Contre l’ordre établit, il élève la souveraineté de Jésus et Sa vérité, contestant ainsi les valeurs humaines qui peu à peu ont dominé le Sanhédrin dans certains domaines.
Il en va de même dans l’église d’aujourd’hui. Et celui qui comme Pierre se lève pose un problème……Il est invariablement accusé d’être l’ivraie au milieu du bon grain, le loup dans la bergerie.
La prière est la plus puissante des actions d’un Chrétien, en ne nous battant pas sur le terrain des hommes, tout en restant fidèles à ce que nous avons reçu, et en entrant dans la prière pour l’action de l’Esprit au milieu des enfants de Christ, nous sommes dans la voie de Jésus.
Car pour accepter le rejet des hommes, les condamnations, puis prier pour eux d’un cœur empli de l’amour que Jésus à pour eux, il nous faut passer par la porte étroite qui meurtri notre humanité : l’humilité et le pardon. Alors acceptant ces condamnations nous devenons comme Jésus sur la croix, et au milieu des humiliations des hommes, parce que nous voyons cet amour que Jésus a pour ses enfants, nous pouvons lui dire, pardonne leur. Car cet amour de Jésus en nous, bannit toute condamnation. Nous restons de simples pêcheurs priant pour d’autres pêcheurs, mais sachant que Jésus à payer le prix pour TOUS les pêcheurs.
Notre première place de chrétiens est dans l’adoration, les yeux et le cœur fixés sur Jésus, et dès que les œuvres humaines, même voulu par Dieu, prennent trop de place dans notre vie, la paix, l’amour et les bénédictions s’éloignent.
Nous ne devons jamais nous éloigner de l’autel, car c’est la source qui nous rempli pour nous et pour les autres.
Il nous faut impérativement rester ouvert aux changements voulu par Dieu pour son église.
Quand Jésus est venu sur terre, les autorités religieuses s’étaient tellement attachés au ritualisme, vivaient tellement la Loi à la virgule, qu’ils en avaient oublié les commandements d’amour qui ouvrent toutes les portes. Et le premier de ces commandements d’amour est : Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force. Parce qu’ils avaient oublié cet amour et qu’ils s’étaient attachés à la forme, ils n’ont pas vu l’Amour de Jésus, ils ont simplement vu un homme qui à force d’interpréter la Loi vu au travers de l’amour, est devenu le problème à évacuer.
Oui il nous faut planter, veiller, soigner, élaguer et protéger les jeunes pousses, mais il ne faut pas en faire des bonsaïs.
Il nous faut apprendre à voir celui qui était immature devenir mûr, il faut lui faire une place qui grandit en même temps que lui. Et le temps venu il nous faut regarder, avec dans notre cœur des chants de louanges pour l’Eternel, cet arbre donner ses premiers fruits.
Il faut vivre ce moment dans la joie de voir le Royaume se construire et non dans la tristesse de voir notre place diminuée.
Ce n’est qu’au pied de l’autel que nous pouvons trouver ce renouvellement de la nature de Christ serviteur de la Volonté du Père.
Notre humanité est notre principale cause de chute. C’est peut être cela mourir à soi même comme nous le disent les apôtres. Abandonner nos sentiments humains pour être rempli de l’Amour de Jésus ? Au travers de cet amour, tout est si différent que les valeurs humaines de bien et de mal, de jugements et de condamnations n’ont plus leur place. Nous reconnaissons et vivons naturellement notre incapacité à savoir, et faisons confiance à celui à qui cela appartient : l’Eternel.
Il est dur parfois d’abandonner sa famille pour suivre Jésus, mais Lui même le dit , celui qui le suivra devra l’aimer plus que son père plus que sa mère. Celui qui le suivra devra tout simplement lui donner la place qui Lui revient dans sa vie. Celui que nous aimons de tout notre cœur de toute notre âme de toute notre force.
Le réveil c’est la vie qui déborde de nous, c’est un fleuve incontrôlable qui coule au travers de nous, une obsession de donner ce trésor qui repose en nous, l’Amour de Dieu pour tous ses enfants. Et cette passion est telle qu’elle trouve son seul exutoire dans la prière. Rappelez vous Abraham quand il intercédait pour Sodome, et Moïse quand il intercédait pour le peuple d’Israël. Ils étaient remplis de la passion de Dieu pour ses enfants, et Dieu les a écouté. Croyez vous que Dieu nous soit moins accessible aujourd’hui ?
Y aurait il entre nous et notre Dieu un obstacle, un obstacle entre notre Dieu et son église ? Les écritures nous mettent en garde, les loups sont déguisés en brebis, ils sont dans la bergerie.
Avez vous remarqué que les pédophiles ne travaillent pas dans les maisons de retraite ? Avez vous remarqué qu’ils occupent très souvent des postes d’honorabilité comme éducateurs, enseignants, prêtres, ils sont proches des proies qu’ils guettent, et ont toujours une position d’autorité sur leurs victimes, une position de respectabilité qui fait que leur victime n’osent pas parler ou ne sont pas entendues.
Je ne crois pas que l’ivraie soit ceux qui se lèvent, pour avertir. Les loups sont déguisés et bien présents dans la bergerie, mais ils occupent des fonctions reconnues qui leur assurent la respectabilité et l’autorité nécessaire pour agir sans être inquiétés. Ne les chercher pas parmi les chrétiens de base….
Alors sans faire de chasse aux sorcières une fois encore pratiquons simplement ce que nous disent les écritures :
« soyez simples comme des colombes et vigilants comme des serpents ».
Prions pour que les dirigeants soient ceux qui servent Notre seigneur, et uniquement Lui. Préparons l’Eglise.
L’église du nouveau millénaire, c’est l’église de Vérité , où le renouvellement des hommes par Jésus en fait une église d’amour.
L’église du réveil c’est une église où Jésus règne par son Amour en chacun de nous débordant comme une source. C’est une église ou l’Esprit de Dieu dirige toutes choses. Ou nous ne vivons plus pour nous en tant qu’hommes, mais en tant que serviteurs des desseins de Dieu pour l Eglise de Christ, celle de Son retour. Comme Jésus est venu sur terre pour accomplir la volonté du Père, nous sommes là pour accomplir Sa volonté.
Et lorsque des chrétiens se trompent, ne les condamnez pas trop vite, n’oubliez pas que pour qu’il y ait eu le fils prodigue, il a d’abord fallu un père qui lui reconnaisse sa liberté lui donne son pardon et lui garde intact son amour pour le jour de son retour. Quand est ce que nos églises seront celle du Père?
A quand cette église ?
M.J MERLET (Fevrier 2000)
(1) Phrases tirées d’un commentaire d’André Lefebvre paru sur « l’Ecluse » en 2000 en réaction à une discussion sur un message de Marc Lachance intitulé « la vision de la rivière »
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20. Le lundi 15 juin 2009 à 18:20, par mina
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