Je suis née en 1964, je suis l’aînée de 3, j’ai un frère qui est né en 1967 et un autre en 1975. Mon père était gendarme mobile issu d’un milieu modeste. Sa mère (ma grand-mère paternelle) faisait de la sorcellerie à un niveau assez important. Ma mère faisait partie de la classe des « propriétaires terriens » toute sa famille était des bourgeois, ma mère, comme disait mon grand père maternel, « s’est mariée en dessous de sa condition ».

Ma mère s’est convertie dans l’ église de pentecôte de Perpignan, Marcel L. était le pasteur (des ADD ). Quand j’ai eu 4 ans, je suis donc allée avec mon frère à l’école du jeudi (enseignement biblique).

Je ne me rappelle pas avoir était heureuse dans ma famille, on ne manquait de rien, mais je n’ai pas été heureuse. Il y avait toujours eu une angoisse en moi.

Je ne me rappelle pas bien à partir de quel moment Dieu est devenu mon Père, car j’ai toujours vécu avec uniquement Dieu comme Père. Quand je dis mon Père, je parle d’un père physique.

Mon père géniteur était gendarme mobile, c'est-à-dire 9 mois par an absent, de plus, pas du tout affectueux, colérique, lunatique et parfois violent. Ma mère est une femme dure, autoritaire, avec des idées bien arrêtées ; Elle dit « j’accepte d’avoir tort à toi de le prouver », mais chaque fois qu’on le prouve elle avance toujours des arguments différents. Pas la peine de discuter. On obéit.

Dans mon enfance je ne l’ai jamais ressenti comme on peut ressentir un père, une mère.

Dieu est donc tout naturellement devenu mon Père.

Il m’a élevée, aimée, bercée, cela peut vous sembler étrange, ces moments merveilleux m’ont aidée à vivre les moments difficiles de ma vie.

Une petite anecdote :

J’ habitais au 3ème ètage sans ascenseur, parfois quand c’était vraiment très dur avec mes parents, Dieu était encore plus présent avec moi. Je descendais les escaliers en effleurant la marche, c’était comme si Dieu me portait, mes pieds ne touchaient pas les escaliers, ils les effleuraient à peine, je pouvais passer une heure à monter les escaliers uniquement pour pouvoir les descendre comme ça, la joie de Dieu m’envahissait, je jouais avec Dieu.

Parfois je n’arrivais pas à m’endormir tant les angoisses me prenaient, alors je disais le chiffre que je croyais le plus grand et je disais : Dieu fait que pendant 200 millions de millions de secondes, tout aille bien, que je dorme bien, je m’endormais et souvent je rêvais que j’étais dans un nuage.

Ça marchait un temps, et puis les angoisses revenaient. J’ai compris après que c’est lié à ma grand-mère paternelle qui faisait du spiritisme. Dans toute sa maison il y avait des photos de mon fils aîné et de moi.

Quand mon père avait des crises de colère, ou même quand je savais qu’il était à la maison, (Dieu bénisse les 3ème étages) tout le long des escaliers quand je montais, je disais à Dieu :« fais qu’il ne crie pas, fais qu’il ne tape pas, je t’en prie Dieu, calme-le »

Ca sortait de mon ventre tellement je criais à l’intérieur de moi, et chaque fois que je faisais ça, mon père était calme, pas toujours de bonne humeur, mais il ne me faisait rien.

Dès que je suis rentrée au primaire, j’ai commencé à parler de Dieu à mes camarades de classe, je leur racontais les histoires de la Bible, quand on étudiait Moïse je leur redisais, et je faisais le commentaire que l’on avait appris, avec le verset d’or (quand on parlait de sortir d’Egypte, et la traversée de la mer rouge, j’expliquais qu’il fallait changer de vie).

Très vite je me suis retrouvée toute seule, ils me prenaient pour une folle, tous allaient au catéchisme pour la communion, et surtout pour les cadeaux de la communion, pour les filles avoir une jolie paire de chaussures blanches et pour les garçons une montre.

Pour eux je n’étais pas chrétienne, je ne faisais pas la communion et je n’étais pas catholique.

À partir de ce moment, vers l’âge de 7-8 ans, je n’ai pratiquement pas eu de camarades. Il faut aussi ajouter que j’ai fait ma scolarité en plein dans les années 70. Et mon père était celui qui était de l’autre coté de la barricade. Les instits, eux, à l’opposé.

''Je finissais donc toujours au fond de la classe, la fille du « tabasseur de manifestants ».''

Mais j’avais un Père céleste qui était toujours toujours avec moi. Je pourrais écrire une page de toujours, un copié collé de toujours.

Quand j’ai eu 11 ans ma mère a été enceinte de mon petit frère, elle avait 40 ans et la grossesse ne se passait pas bien. Évidemment mon père était toujours en déplacement.

Ma mère a accouché par césarienne, mon père est reparti 1 mois à peine après. Elle pouvait a peine marcher, alors s’occuper d’un enfant !! Elle faisait ce qu’elle pouvait.

Avec mon autre frère et une voisine nous l’aidions, mais mon CM2 a était un désastre, mes notes qui déjà n’étaient pas très bonnes ont chuté.

Quand mon père a reçu le papier lui disant que j’allais redoubler, il m’a tapée comme un fou, à coup de poing, à coup de "Rangers" dans le ventre. Il me prenait les cheveux et me tapait la tête contre le bord du lit, c’était l’horreur.

J’ai compris que même si mes parents disaient m’aimer, ce n’était pas ça l’amour, je méritais sûrement une correction pour ne pas avoir eu des notes acceptables mais pas une correction comme ça.

Ma mère disait toujours : "n’oublie jamais que tu n’es rien". Et mon père disait : "Ici tu n’as qu’un droit c’est celui de te taire".

Ces phrases sont restées dans ma tête toute ma vie, et c’est dans le moment où l’on a le plus besoin de réconfort qu’elles ressortent.

Je n’étais RIEN.

Par contre j’entendais Dieu me dire : Marie-Line ça va ? Je suis là.

Dieu qui me demandait si j’allais bien, qui me posait une question, et qui me disait qu’il était là.

Merveilleux.

Je me suis toujours promis de ne pas être comme eux.

Ah les promesses humaines… Hypocrite que j’ai été, finalement j’ai fais pire qu’eux.

À ne pas vouloir être comme elle, je crois que je suis devenu différente, mais pire. Sans l’œuvre de Dieu dans notre vie, on devient ce que l’on déteste le plus.

Ne croyez pas que j’étais une enfant et une ado triste, pas du tout, je riais tout le temps, j’étais gaie, vive.

A partir de 1975 je suis allée régulièrement en colonie de vacances à Gap (certains doivent connaître) cet été là, un soir, la monitrice nous a amené dans la prairie pour que nous fassions le culte, nous avons donc prié et chanté.

L’esprit de Dieu est descendu sur nous toutes.

Et nous prions, prions, la nuit étant tombé, notre mono nous fait rentrer dans les dortoirs, et nous nous continuions à prier. Tout en se mettant au lit nous prions toujours, au bout d’un moment je crie « Seigneur baptise-nous de l’Esprit ». Et dans la foulée je m’endors, comme une masse.

Toutes les 5 filles de mon dortoir ont été baptisées de l’Esprit Saint, et moi je m’étais endormie. Je n’ai pas compris pourquoi, par contre ce jour-là, j’ai compris que même si je ne priais pas pour calmer mon père, Dieu m’exauçait.

J’ai continué ma vie dans l’église de pentecôte, j’ai été baptisé de l’esprit Saint début 81 et au printemps 81 j’ai demandé le baptême d’eau.

La situation dans ma famille ne s’arrangeait pas vraiment, j’étais de plus en plus malheureuse, les angoisses étaient permanente surtout le soir, je dormais avec une serviette sur le visage, je devais me bloquer le corps avec les couvertures et le traversin pour avoir l’impression d’être serrée, sinon je ne pouvais pas dormir.

À Pâques 82 j’ai commencé à fréquenter mon futur mari, nous nous connaissions dans l’église, mais sans plus. « C’était un vieux » Il à 9 ans de plus que moi. De plus il était « promis » pour être pasteur.

Ça a été le coup de foudre, l’amour puissance 1000. Pourtant nous nous connaissions depuis toujours, mais comme amis, là c’était l’amour que Dieu nous donnait l’un pour l’autre. Heureusement que Dieu nous a donné cet amour, il sait parfaitement ce qu’il fait.

Nous nous sommes mariés le 11 septembre 1982 (et oui le 11 septembre), déjà un cataclysme.

Dans les sites chrétiens et dans l’église il y a une chose que l’on n’aborde jamais ou très rarement, la sexualité.

Mon unique RDV de préparation au mariage s’est fait dans les lavabos de WC de l’église. Le pasteur qui était contre notre mariage nous a dit :

- « le mariage ce n’est pas fait pour jouir, c’est fait pour servir Dieu »

Désolé, je vais être crue, mais sa femme avait un air tellement triste, que même maintenant avec mon mari on se demande encore si sa femme savait ce que c’était le plaisir.

Je n’avais pas tout à fait 18 ans, toujours été dans l’église, et mon mari aussi. Et nous ne savions RIEN sur la sexualité. Mes seules sources ont été les « San Antonio, SAS » et autre littérature que mon père me donnait. Un extrême à l’autre.

Mon mari s’était acheté une encyclopédie sur le sujet, très scientifique, pas très pratique. Je croyais que la sexualité était quelque chose de cachée, pendant des années j’ai eu du mal à seulement exprimer mes désirs, à dire ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas, et à apprendre à mon mari les choses qui me faisaient plaisir.

Une grande frustration en a découlé, je croyais que je n’étais pas normale, je me disais que les gens faisaient tout un plat pour pas grand-chose. J’aimais toutes les marques d’affections mais l’acte sexuel par lui-même me laissait assez insatisfaite. Petit à petit j’ai commencé à lire des livres à l’eau de rose, comme arlequin, nous deux, etc…

J’aimais tout dans ses livres : le romantisme, le temps qu’il prenait pour la draguer, etc… Et mon mari qui passait toutes ses soirées à l’église, deux soirs prière, un soir étude biblique, un soir les jeunes, un soir chorale, le dimanche 4 cultes : la matin grand culte, l’après midi évangélisation, à 17h00 culte dans le village de rivesaltes, le soir culte chez un ami gitan.

Et le seul soir libre, repas chez les beaux parents. J’avais 18 ans, lui 27 ans, dès que je criais il se murait, au bout d’un an il n’y avait que dans un lit où nous ne nous disputions pas.

En 1984 nous avons eu notre premier enfant Luc.

Dès le moment ou nous avons eu une relation, j’ai su dans mon cœur que j’aurais un garçon et que je devais l’appeler Luc.

En même temps nous avons racheté une petite alimentation de quartier à un chrétien de notre église. Catastrophe, faux bilan, chiffre d’affaire gonflé, au bout d’un an, ruinés, nous avons dû fermer.

Résultat, 10 ans de dettes, entre le crédit, les charges, et les fournisseurs impayés nous avons payé jusqu’en 1994.

C’est entièrement notre faute, nous n’avons pas écouté les avertissements de Dieu.

Pour le travail nous déménageons sur Nîmes.

Nous allons donc à l’église de Pentecôte de Nîmes. Je commence à ne plus y aller que le dimanche matin. Mon mari lui continue les soirs église, un peu moins qu’à Perpignan, mais il y va quand même le dimanche entier, je finis les après midi au jardin de la fontaine avec mon fils et un livre « arlequin » de préférence.

1987 j’ai un autre garçon nous l’appelons Matthieu. Dieu me l’avait dit aussi comme à Luc. On vient de me découvrir des nodules sur la thyroïde et la trachée, opération, un an à ne pas aller bien du tout.

Notre couple va de plus en plus mal, dispute, silence, on ne comprend pas pourquoi. Nous avons toujours des relations sexuelles c’est la seule chose qui apaise nos disputes, mais je suis de plus en plus malheureuse, car elles ne me satisfont pas, je reste « sur ma faim ».

Je désire tellement que les choses changent, dans mon église je rencontre Marie B. Elle me parle d’une femme qu’elle a rencontrée et qui lui dit que Dieu, ce n’est pas ce que l’on vit dans une église. Elle me parle pendant tout le culte dans le coin des enfants, et elle me donne le numéro de téléphone de cette femme : Marie Laure D.

Je l’appelle, nous convenons d’un RDV.

C’est un choc, une personne qui me dit qu’elle comprend ce que je vis, qui me prend dans ses bras (ça ne m’était jamais arrivé avant) et qui me parle de l’amour.

Nous sommes conquis, nous allons pouvoir enfin vivre une vie de chrétien, elle nous dit qu’elle a reçu que les chrétiens de maintenant doivent vivre comme les premiers chrétiens, ensemble. Que Dieu lui a montré que nous allons faire une grande communauté. J’en parle à mon frère (celui qui est en âge le plus près de moi) et à sa copine. Ils vivent tout les deux à Perpignan, étouffent avec ma mère qui est plus que possessive avec lui, et qui déteste son amie. Le contexte juste ce qu’il faut pour que mon frère et sa copine nous suivent.

Nous sommes dans une secte. 7 ans de vie, je crois qu’il faudrait un livre pour décrire ce que nous avons vécu. Nous avons été séparés pendant 1 an et demi, mes enfants, mon mari et moi avons manqué de tout, nourriture, vêtement, chaleur, argent, j’ai même été battue devant mon mari, mon frère, mes enfants, et l’on ne voyait rien spirituellement, on trouvait ça normal.

Mon frère me dit, qu’il y avait en nous comme un disque qui fait le formatage de notre cerveau dès que l’on se posait une question, formatage automatique. J’ai ouvert les yeux grâce à une machine à gauffre (encore une longue histoire)

Nous sommes partis à Noël l993. Sans argent, sans meuble, sans vêtement, sans maison. Mon mari avait juste son travail. Merci mon Dieu.

Pendant cette période nous avons eu 2 filles en 1989 et 1990.

Mes parents nous ont fait un procès pour avoir la garde des enfants, ils voulaient nous faire enfermer à Monfavet (l’hôpital psychiatrique d’Avignon). Ma mère est allée jusqu’à travailler pour la délégation ministérielle qui s’occupait de classer les associations en secte.

Le juge ne leur a accordé que la moitié des vacances scolaires, assez pour qu’ils finissent le travail de sape sur les enfants, que nous avions déjà commencé en n'étant pas de bons parents.

Nous repartons donc sur Nîmes, brisés.

Brisés spirituellement, financièrement et dans notre rôle de parents.

Nos enfants ne veulent plus entendre parler de Dieu, bien qu’après cette aventure ils aient tous vécu de très gros miracles. Mais là aussi il faudrait encore des pages.

Nous nous reconstruisons doucement, nous recommençons à prier ensemble.

Mais tout est très difficile, la prière est lourde, nous n’arrivons pas à ressentir la présence de Dieu. Nous demandions en permanence pardon à Dieu pour tout ce que nous avions fait dans cette communauté, pour avoir cru un autre évangile, un autre Jésus, nous nous sentions écrasé par nos fautes. Je n’ai pas de mot pour dire notre détresse.

Par contre nous nous étions rendus compte que malgré tous les efforts que Marie Laure D. avait déployés, elle n’avait pas pu briser notre couple.

Et fait pour nous une phrase : « on ne se rend jamais compte de ce que l’on a, que le jour ou on le perd » J’avais tellement dénigré mon couple, je l’avais perdu, et finalement, je me suis rendue compte que c’était Dieu qui me l’avait donné.

En 1996 mon mari me dit qu’il va monter son entreprise. En priant, Dieu lui a dit qu’il fallait qu’il soit à son compte. Il démissionne de son travail, résultat pas d’aide de l’état, mais l’aide de Dieu, Amen.

L’entreprise démarre bien. Chaque mois est une nouvelle confiance en Dieu. Or l’argent a été notre problème depuis l’ouverture de l’entreprise, toujours à découvert, manque de fond de roulement comme dit le comptable. Cependant notre chiffre d’affaire est en évolution constante, et nous avons un bon bénéfice.

En 2000 nous pouvons acheter une maison.

Je voudrais un autre enfant, j’étais sure avec celui là je ne ferai pas les erreurs que j’ai faite avec les autres. Et comme je ne prends pas de contraception depuis ma dernière fille, je fais cette prière :

- « Seigneur, j’aimerai avoir un autre enfant, mais seulement si c’est ta volonté et si mon mari le désire »

J’en parle à Joseph, il ne veut pas d’autre enfant, il dit que 4 ça suffit, il ne se sent pas le courage d’en élever d’autres. Pour moi c’est très difficile à accepter, surtout que j’ai eu les enfants très jeune pour que lui ait un enfant avant d’avoir 30 ans. J’avais l’impression que l’ascenseur allait toujours dans le même sens. Mais il me dit que la porte est ouverte pour Dieu puisse nous n’avons aucune contraception, et qu’il sera fait selon Ses désirs.

Je ne suis pas enceinte, en 2002 on me fait des examens, je suis en post ménopause, en 2004 je suis ménopausée, j’ai 40 ans. C’est encore un choc terrible, je le prends comme une malédiction.

Notre fils Luc va de plus en plus mal, il boit, fume cigarette et haschisch. Il disparaît dans « des teufs » pendant plusieurs jours. Il a deux chiens, ne se lave plus, fait de percing.

Notre fille Ameline fait une tentative de suicide pour un chagrin d’amour.

Et là, je culpabilise, je sais que c’est ma faute, j’ai été pire que tout, je n’ai pas été la mère que je m’étais promis d’être,

J’ ai fait pire que mes parents, ma vie est un désastre.

En juillet 2005, je m’effondre, pendant 15 jours je n’ai fais que pleurer, le jour, la nuit je me réveillais en larmes, je n’arrivais plus à travailler. Mon mari priait sans cesse pour moi, mais rien ne faisait, au bout de 15 jours le flot de larmes c’est tari, mais l’angoisse été pire que tout.

J’ai passé deux ans dans cet état, des moments de calme, parfois même de bonheur, et des phases d’angoisse profonde. En 2007, je prends la décision de me faire soigner, résultat anti- dépresseurs. Ma mère m’avait tellement dit que c’était les faibles qui faisaient de la dépression et qu’il fallait être fort dans la vie.

Là, encore un coup dans notre vie de couple. Vivre avec une dépressive, cela a dû être très dur pour mon mari, je m’en rends compte maintenant, je voyais le découragement le gagner, il avait beau prier pour moi, rien ne faisait, je me sentais coupable de tout.

Par contre à ce moment là, des petites événements qui sur le coup ne m’ont pas paru important, m’ont finalement amener à une reconstruction. Tout été démoli dans ma vie, Ma famille, mon couple, ma vie, j’étais une loque. Même physiquement j’avais pris 20 kilos, je ne riais plus (au grand désespoir de mon mari), j’étais en bas du puits et je peux vous dire que je ne voyais pas la lumière, mais Dieu avait un plan……

Dieu savait comment il allait me remonter, gloire à Dieu.

L’histoire de ma reconstruction commence en 2004.

- Premier petit caillou : En héritage je reçois une petite maison du coté de Toulouse. Cette maison est louée.

Le locataire qui est dans cette maison, dès la donation me prend en grippe, et dès qu’il a un problème nous demande de venir voir, 350 kilomètres aller et autant au retour pour parfois des problèmes minimes, de plus cette maison datant des années 70 avait besoin de beaucoup de travaux (électricité, isolation, toiture, etc..) Nous avons prié pour savoir quoi faire, demander l’orientation de Dieu pour cette maison, la rénover ou la vendre.

- Deuxième petit caillou : Nous avons donc mis en vente. Le bail s’arrêtait le 31.07.2007 la signature de la vente à eu lieu le 4.08.2007. Dieu fait tout à merveille.

Depuis que nous étions parti de la communauté vous avions dans notre cœur les Cévennes, et nous nous disions que le jour où nous aurions un peu d’argent nous achèterions une maison dans les Cévennes au Cros. Nous nous sommes donc dit que c’était le moment, nous avons donc cherché. Et qui cherche trouve, Nous avons trouvé une petite maison dans une jolie petite vallée. Nous avons signé l’achat de cette maison le 7.08.2007.

Dieu est vraiment un Dieu de précision.

- Troisième petit caillou : A la sortie de l’achat de la maison du Cros, nous nous mettons à parler avec les vendeurs (qui sont aussi nos voisins actuel) est en parlant nous nous sommes rendu compte que c’étaient des chrétiens. Ils avaient prié pour que la maison soit achetée par des chrétiens. Amen.

- Quatrième petit caillou : Depuis 1988 je n’avais plus mis les pieds dans une église, je n’avais plus eu de contact avec des chrétiens. Leurs gentillesses, leur affection nous a touchés et nous sommes allés à l’église réformée du village. C’était mon premier contact avec l’église depuis 19 ans. Pas d’effusion du Saint Esprit, pas de prière à haute voix, mais une affection entre frère, un réel plaisir de partager un moment avec Dieu. Petit à petit Dieu reconstruisait, mais à ce stade je ne m’en rendais pas compte, j’étais en pleine dépression.

- Cinquième petit caillou : Je savais que mon mari souffrait du manque de communion avec d’autres chrétiens, et comme je commençais à me sentir bien dans l’église réformée, je suis allée un jour à la maison du protestantisme à Nîmes voir s’il n’y avait pas une réunion de prière, un soir de la semaine. Or il se trouvait qu’il y en avait une le vendredi soir à 18 h00. J’ai fait la surprise à Joseph.

- Sixième petit caillou : Deuxième rencontre avec l’église, et surtout la rencontre avec une chrétienne, Liliane, qui est devenu une mère pour nous, avec un amour de Dieu, et un ministère de prière tout particulier. Nous avons commencé à aller prier avec Liliane 2 soirs par semaine après le travail.

Nous qui n’avions eu personne pendant temps d' années enfin pouvoir partager avec une sœur, je crois qu’à ce moment je me suis dit que là Dieu allait me remonter.

- Septième petit cailloux : Liliane avait fait un séminaire avec Michelle d’Astier, et elle avait ramené pratiquement tous les livres du stand. Elle les passa à Joseph.

Nous étions dans l’été 2008, Joseph a dévoré tout les livres.

Au mois de Juillet, il devait aller livrer des catalogues que j’avais imprimés pour l’armée dans le Gers, et voir du coté de Castres Corinne qui s’était convertie dans notre magasin 2 ans plutôt. Comme je n’avais pas de voiture, j’ai dormi chez Liliane, nous avons prié, passé beaucoup de temps ensemble. Mais je sentais que quelque chose n’allait pas, je sentais que Joseph avait un problème. Je l’appelle, et il me dit :

- « ça fait 26 ans que je suis malheureux avec toi, tu es une Jézabel, je ne veux plus te voir »

Sur le coup je n’ai pas compris, j’étais sonnée, Liliane ne comprenais rien, je ne savais pas quoi faire.

Je suis donc allée à la maison des Cévennes, je suis arrivée vers 16h00 et je me suis couchée tellement j’étais sonnée.

Vers minuit, entendant quelqu’un qui frappe à la porte, j’ouvre. Mon mari était là, et pendant plus d’une heure, il m’a expliqué que tout ce qui nous était arrivé était ma faute, que c’était parce que j’étais Jézabel, que je l’avais séduite, que c’est à cause de moi s’il n’était pas devenu pasteur, et il est parti en me laissant là.

J’étais encore plus détruite, j’ai passé le reste de la nuit à pleurer et j’ai dormi toute la journée du lendemain.

La nuit suivante rebelote, vers 22h00 il revient et me dit que de tout façon c’est fini pour moi, et qu’il ne veut plus avoir affaire avec moi, il veut le divorce.

Je n’ai jamais eu le courage de me suicider, mais j’ai hurlé à Dieu pour qu’il me fasse mourir, je suis trop lâche pour commettre l’acte de mort, mais je peux vous dire que là, à cet instant précis, j’étais morte.

J’avais l’impression que l’on m’ouvrait le thorax de haut en bas, je ne pouvais plus respirer, chaque inspiration, chaque expiration était devenu une douleur. Je mourrais.

Le quatrième jour, il est venu en me disant qu’il avait été trop virulent, qu’il voulait juste dire que j’avais l’esprit de Jézabel, et qu’il avait besoin de moi pour la maison et le travail.

Je suis donc rentrée avec lui, mais en moi, c’était la mort.

J’ai compris plus tard que j’avais un esprit de Jézabel, comme ma mère et sans doute une de mes filles. Sur le fond, il avait raison, mais je crois que l’amour n’y était pas.

Nous en avons reparlé plus tard, et quand il a vu le carnage qu’il avait fait, il m’a demandé pardon.

Nous avons prié ensemble pour l’esprit de Jézabel. Mais a partir de ce moment je ne pouvais plus prier.

La dépression a empiré, et début d’automne 2008, je dois, ou doubler les doses ou faire une cure de sommeil, je choisis d’arrêter tout, d’un coup. L’espoir que sans les médicaments j’ai le courage de me suicider. 10 jours de sevrage, l’horreur, l’angoisse qui était sur moi devait se sentir dans toute la maison, je pleurais même au magasin, et mon mari était de plus en plus méchant, pour lui j’étais la responsable de tout nos problèmes, des petites phrases assassines, les réflexions qui tuent,

Je devais me bouger, réagir. Il ne comprenait pas que plus rien en moi été vivant, il n’y avait plus de répondant dans mon cœur.

Joseph allait 2 samedi par mois à un groupe d’homme «  les compagnons d’Eli » mis en place par Raoul Mazel, et je savais qu’il y avait un pasteur d’une petite église des Cévennes qui faisait partie des compagnons d’Eli. Je l’ai appelé pour lui demander de l’aide, mais Joseph avait déjà dit à son groupe qu’il avait une femme qui avait de gros problèmes, et j’ai bien compris qu’il ne me prenait pas au sérieux.

Au conseil presbytéral de l’église réformé, l’ordre du jour est la reprise de la maison de Villemejane. C’est une maison immense qui a été donné à l’ERF pour faire de l’accueil, pour l’instant c’est une dame Yvonne d’un certain âge qui la tient. Mais elle voudrait repartir vivre prés de chez ses enfants. Elle demande donc qu’on lui trouve des remplaçants.

Joseph m’en parle, depuis longtemps déjà nous avions reçu de faire de l’accueil, d’organiser des séminaires. Cela demande que nous vendions tout, la maison où nous vivions et l’entreprise. Pas de problème l’entreprise est mise en vente. Il postule. C’est complètement bénévole, on est juste logé et chauffé. L’argent des ventes doit nous permettre de vivre.

C’est de la folie, notre couple va de plus en plus mal et il veut aider des gens. D’un côté je trouve cela super, de l’autre je me dis :

- « tu vas leur dire quoi au gens ? tu as plus de problèmes qu’eux. »

Je me sens dépassée.



Les disputes devenaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus violentes. Le divorce devenait la seule solution.

Nous pouvions prier le matin et deux heures après nous disputer comme des chiffonniers.

Le 2 septembre 2009 (c’est la veille de la rentrée des classe) je vais livrer une école perdue au fin fond des Cévennes. Après la livraison n’étant pas très loin de la maison du Cros, j’ai décidé de passer la nuit là bas et de ne rentrer que le matin.

Sur le trajet une angoisse terrible m’a prise, je pleurai sans cesse, je criais à Dieu tellement j’ai mal, je Lui disais que j’étais seule, que je n’avais personne avec qui parler, que je n’en pouvais plus du tout, et je me suis dit que peut-être un chrétien ferai du stop (je prends toujours les gens qui font du stop dans les Cévennes, c’est un moyen de locomotion assez répandu) personne, alors je me suis dit, « puisque je n’ai personne il n’y a plus que Toi et moi.

Je continue mon chemin et je Te donne un RDV à la maison, il faut mon Dieu vraiment que nous ayons un RDV »

Je suis donc rentrée chez moi, j’ai commencé par parler à Dieu comme s’Il avait été assis sur le fauteuil d’en face. Et je parlais et je pleurais, et petit à petit j’ai senti comme une présence qui envahissait la pièce, cette présence devenait de plus en plus forte, j’ai fini à genoux, et en levant la tête, j’ai senti que Jésus était là, j’ai eu la peur de ma vie, je tremblais de partout, je n’arrêtais pas de pleurer, j’ai criais je ne peux pas te voir, j’ai trop peur, je suis tellement mauvaise.

Alors je n’ai plus eu l’impression que Jésus était devant moi, mais à ce moment, j’ai réellement senti des bras qui me prenaient par derrière comme quand quelqu’un vous serre dans ses bras en étant derrière vous, je ne peux pas vous dire le temps que cela a duré, il n’y a pas de mot pour expliquer cela, l’amour de Jésus.

Jusque là, j’avais toujours prié Dieu, je savais que Jésus était mort sur la croix, mais je n’avais pas compris l’amour de Jésus, la profondeur du sacrifice. Je ne sais pas si aujourd’hui je l’ai mieux compris, Son amour et tellement immense, mais ce jour là j’ai réalisé l’amour de Jésus pour moi.

J’ai passé une nuit merveilleuse, j’ai eu une paix que je n’avais jamais eue auparavant . Cependant notre couple allait de puis en plus mal. Tellement mal que nous avions pris la décision de nous séparer. J’avais donc commencé par séparer les comptes en banque, je me faisais poster le courrier au Cros. La décision était simple, je gardais la maison du Cros (elle m’appartient par héritage) et il gardait tout le reste. J’ai donc fait les papiers de renoncement à la maison que nous avions acheter ensemble et à l’entreprise.

Je ne voulais rien garder, j’avais déjà tellement fait de mal, l’argent ne rachète rien, mais au moins, je ne le ponctionnerais pas.

Et fin septembre, je vois dans ma bibliothèque le livre de Michelle d’Astier sur son témoignage, je décide de le lire. Je ne dirais pas que cela a été un choc positif, je dirais plutôt un choc négatif. Je me suis dit:

- « encore une secte, elle dit les même choses que Marie Laure D. »

Mais il y a bien une chose que j’ai appris avec le procès que mes parents nous avaient fait, c’est que même si on a des idées toutes faites, il faut écouter les 2 parties.

Je suis donc allée sur le site de Michelle. J’ai écouté tout ce que ses détracteurs avaient contre elle, et puis je suis allée sur son site.

J’avais mis plusieurs critères pour savoir si ce quelle disait été la vérité.

Il fallait que tout soit absolument biblique.

Là, il n’y a pas eu de problème, par contre sur le blog de ses opposants j’ai constaté qu’ils avaient fait des blogs entiers juste pour dénigrer une personne au lieu d’avoir un blog de construction, ils essayaient de démolir.

Elle parlait de délivrance, mais elle, avait elle été délivré ? J’avais tellement entendu Marie Laure D dire que Dieu lui avait tout retiré d’un coup J’ai eu la réponse dans une de ses vidéos. Oui.

Il y avait d’autres critères que je garde pour moi.

Alors j’ai compris que ce que Michelle disait été la vérité, j’ai commencé par écouter ses séminaires, dans le site délivrance.eu, surtout le séminaire en vidéo sur Paris.

Joseph me propose donc d’aller à un séminaire. Celui dont les dates nous convenaient le mieux ce passait à Strasbourg début novembre. Je nous ai donc inscrits.

2 jours après le responsable de la convention m’appelle, et me dit qu’il trouve que nous n’avons pas le profil pour ce séminaire, par contre mon mari peut venir car il fait partie du conseil presbytéral de l’église réformé de Valleraugue.

Je suis tellement habituée au rejet que je n’en étais même pas étonnée.

Je réserve donc le train, et l’hôtel pour une personne.

La veille du départ, Joseph me dit « tu dois absolument venir, c’est nous deux, qui avons des problèmes, tu dois venir ». Et il le voila qui achète un aller simple pour Strasbourg.

Joseph décide que de toute façon il fera le forcing pour que j’assiste au séminaire, mais je suis à peu près certaine qu’ils allaient me mettre à la porte. Et puis de toute façon ils allaient tout de suite voir que j’étais quelqu’un de mauvais.

Joseph a insisté et ils m’ont accepté pour une réunion.

Je me suis mise prés de la porte, et au fond cachée derrière une femme qui avait un gros chignon.

Avant le début du séminaire, Michèle a expliqué que c’est elle qui appellera les personnes que Dieu lui montrerait.

Très bien, j’étais sure de ne pas faire partie du lot, et puis de toute façon j’étais bien planquée. Et elle donne des paroles de connaissance.

Première parole, je ne me sens pas concernée.

Deuxième parole, Elle voit une femme avec le thorax ouvert, comme détruit, et puis elle explique sa vision.

Je n’arrivais plus à respirer, je me suis dit « c’est moi » et puis « non, c’est pour quelqu’un d’autre, ne dis rien, quelqu’un va se lever, et tu vas être ridicule, déjà qu’ils ne voulaient pas de toi ».

Je suis donc restée assise, je n’ai pas bougé. Dès que Michelle a commencé l’enseignement, j’ai eu l’impression que je me vidais de larmes, j’ai pleuré tout le temps de l’enseignement, planqué derrière le chignon de la dame du devant. Je crois que je n’ai rien compris à l’enseignement, (pardon Michelle)

Quand Michelle et son équipe ont prié, je me suis penchée complètement, il y a tellement de chrétiens qui ont besoin de délivrance, de soutien. Et puis Joseph n’aimera pas que je fasse « du cinéma »

Je crois que Michelle a « tracé » direct sur moi, elle m’a dit « toi, devant !»

Merci mon Dieu, merci.

A la deuxième réunion, Michele redemande si la personne qu’elle a vu avec le thorax ouvert, « le cœur brisé » comme elle dit, s’est reconnu. Je me dis, laisse encore, quelqu’un va se lever.

Personne. Et au moment de la délivrance rebelote, c’est encore mon tour.

Au début de la troisième réunion, je me dis : « si personne ne se lève j’y vais ». Quand Michèle demande si quelqu’un veut témoigner, je lève ma main.

Le coeur brisé, c’était moi, je ne sais pas pourquoi, je parle de mon couple, de l’échéance de Noël que nous avions convenue pour nous séparer. Tant de dégâts !.

Yves Baron, Grâce, Willie, Michelle et toute l’équipe de l’église où nous étions ont prié pour nous.

Petit à petit l’amour revient, il n’y a que très rarement des disputes, nous nous demandons pardon tout de suite. Notre vie a complètement changé. C’est comme si j’étais sortie du trou.

Le lendemain de votre retour, nous avions une réunion dans une petite église avec Marcel Firtion, C’était le complément du séminaire avec Michèle, la suite.

Nous avons décidé de rester dans cette église.

A Strasbourg un chrétien nous a passé un livre de François Gaillac, « le compte à rebours de la bible », je dévore ce livre. Je me rends compte que François Gaillac vit à La Grand Combe à peine 60 Kilomètres de Nîmes, Je lui téléphone, nous discutons ensemble, l’après midi il est là, il passe toute l’après-midi au magasin, nous avons parlé de Dieu pendant plus de 4 heures, depuis il est revenu.

C’est une grâce infinie de partager avec d’autres chrétiens.

J’ai aussi rencontré des sœurs dans l’église ou nous allons, je peux enfin appeler quelqu’un, avoir un partage.

Maintenant c’est une marche de chaque jour, un pas, plus un pas.