➢ Noël est arrivé. L’Eglise s’est préparée. Une fête, ça se prépare ! L’Eglise s’est préparée en écoutant les textes de l’évangile qui nous parlent de Jean-Baptiste.

D’après l’évangile de Luc, Jean-Baptiste est né presqu’en même temps que Jésus, à six mois d’intervalle. Sa naissance est aussi miraculeuse que celle d’Isaac, puisqu’il naît d’un couple âgé et stérile : Zacharie et Elisabeth.

Avec Jean-Baptiste le prophétisme est de retour. Depuis cinq cents ans, il n’y avait plus eu de prophètes en Israël.

Contemporain de Jésus, Jean-Baptiste incarne tous les prophètes qui appelaient à revenir au Seigneur Dieu. Il baptise dans le Jourdain, là où Josué est entré avec les Hébreux dans la terre promise. Il appelle à respecter la Loi, en hébreu on dit : « la Thorah », les commandements de Dieu.

➢Mais Jean-Baptiste annonce aussi quelqu’un qu’il ne connaît pas, qu’il a pourtant rencontré à l’âge de six mois, quand il était encore dans le ventre de sa mère. Ce quelqu’un sera équipé de la puissance de Dieu pour juger radicalement le péché et amener les gens à vivre une vie juste dans la puissance de l’Esprit de sainteté.

Voilà comment l’Eglise s’est préparée pour Noël. Nous allons donc fêter la naissance de Jésus.

1. Paul écrit : « quand est venu l’accomplissement du temps, Dieu a envoyé son Fils ».

Les temps sont dans les mains du Seigneur Dieu, et de Lui seul. Israël était entouré de peuples qui prétendaient connaître les temps, les temps favorables à ceci ou à cela.

Israël a révélé au monde le Dieu qui décide Lui seul des temps où il fera telle ou telle chose. Aucune force ne l’y contraint.

Quand on a demandé à Jésus d’indiquer à quel moment arrivera la fin des temps, il a répondu que Lui-même ne le savait pas. Seul le Père le sait (Matthieu 24/36). Même les anges, qui sont les êtres célestes les plus proches de Dieu ne connaissent pas ce temps. Nous avons donc à être prêts à tout moment. Quand le Père aura décidé que c’est le moment que son Fils vienne à Jérusalem dans sa gloire, il ne demandera pas notre permission. Il ne viendra pas nous consulter au préalable et nous demander si nous sommes prêts.

La venue de Jésus en gloire était imminente pour les croyants à l’époque du Nouveau Testament, à combien plus forte raison est-elle imminente pour nous !

➢À vues humaines, la naissance de Jésus il y a plus de 2000 ans, s’est faite au plus mauvais moment. Un roi des Juifs paranoïaque, Hérode gouvernait le pays pour le compte des Romains. Les Juifs étaient divisés en sectes rivales. Marie enceinte a dû entreprendre un voyage de plusieurs kilomètres à pied pour aller à Bethléhem se faire recenser.

Bref, le moment était mal choisi. Mais c’était le temps que Dieu avait décidé.

Dieu nous met devant le fait accompli.



2. Paul écrit : « Dieu a envoyé son Fils né d’une femme, né sous la Thorah, afin de payer la libération de ceux qui sont assujettis à la Thorah ».

La naissance de Jésus concerne d’abord les Juifs, qui naissent sous la Thorah.

Les récits de Noël, que ce soit dans Matthieu ou dans Luc sont écrits par des Juifs et centrés sur Israël. Le cantique de Marie se termine par cette louange :

« le Seigneur est venu en aide à Israël son serviteur, en souvenir de sa bonté, comme il l’avait dit à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance pour toujours » (Luc 1/54-55).

Les Juifs depuis Abraham, vivent de la Parole de Dieu, de la promesse de Dieu. Leur existence terrestre vient d’En-haut.

Voyez Isaac, ce fils né miraculeusement du couple stérile Abraham-Sarah dans leur vieillesse : né miraculeusement, il ne subsiste que miraculeusement, il est reçu à nouveau alors même qu’Abraham avait déjà approché le couteau pour l’offrir à Dieu. Tous les holocaustes offerts à Dieu dans le temple rappellent cela : Israël reçoit sa vie toujours à nouveau de Dieu son Père.

➢ Mais Israël a aussi reçu la Loi, la sainte Thorah. Et dans cette Loi, il y a l’amour du prochain, mais il y a aussi les malédictions qu’Israël a acceptées au cas où il ne respecterait pas cette Loi. Et c’est ce qui s’est passé.

Jésus est donc né d’une femme juive, il est né sous la Loi, Lui le Fils de Dieu de toute éternité, pour libérer les Juifs des malédictions contenues dans la Loi. Jésus porte toutes les malédictions sur la croix. Et ceux qui regardent à Lui reçoivent la libération pour pouvoir aimer comme nous l’ordonne la Loi.

L’histoire d’Israël nous témoigne donc d’une fidélité inconditionnelle de Dieu à ses promesses, et en même temps de l’impossibilité où nous sommes de faire ce que Dieu nous demande. Cette impossibilité, Jésus est venue l’assumer. Sur la croix, Jésus porte nos péchés et un échange se produit : il prend notre nature humaine pécheresse et nous donne une nouvelle nature, la vie de Dieu.

3. Paul écrit : ''«…pour qu’il nous soit donné d’être des fils adoptifs''.

Fils, vous l’êtes bien : Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba – Père ! Tu n’es donc plus esclave, mais fils ; et, comme fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu. »

Remarquez que jusqu’à ce verset, Paul disait : « nous… ». Il parlait des Juifs, des Juifs croyant en Jésus. Maintenant il dit : « vous… ».

Fils, vous l’êtes bien.

Paul s’adresse même à chacun de nous personnellement :

« Tu n’es donc plus esclave, mais fils ».

➢ Que s’est-il passé pour que nous ne soyons appelés nous aussi fils de Dieu ?

Jésus est né juif, il est né sous la Thorah, pour le peuple juif. Il est passé lui aussi, avec tout le peuple juif par le baptême de Jean-Baptiste. Vous vous rappelez que Jean-Baptiste annonçait quelqu’un qui viendrait après lui, et qui ferait vivre les gens directement de l’Esprit de sainteté.

Tous les gens qui avaient reçu le baptême de Jean avaient commis toutes sortes de péchés. Ils étaient exclus de toute sainteté.

Ce n’est pas un peu d’eau qui va changer leur nature profonde.

Mais l’Esprit de sainteté leur sera donné, voilà la certitude de Jean-Baptiste.

Mais lui, Jean-Bap- tiste ne pouvait pas donner l’Esprit de sainteté. Seul Dieu le peut.

En ressuscitant Jésus crucifié, Dieu a manifesté que cet homme Jésus, partage sa propre nature, et qu’il est compétent pour donner l’Esprit de sainteté. Les apôtres, notamment Pierre ont été mis devant le fait accompli quand ils ont vu l’Esprit de sainteté descendre sur des Non-Juifs.

Les premiers Non-Juifs à avoir reçu l’Esprit de sainteté, c’était Corneille et sa famille (Actes 10/44). La descente de l’Esprit de sainteté sur des Non-Juifs a plongé dans la stupeur les Juifs qui accompagnaient Pierre (Actes 10/45). Mais il a bien fallu tirer les conclusions théologiques de ce fait accompli. Dieu ayant décidé de donner l’Esprit de sainteté aux Non-Juifs qui écoutent l’Evangile, il faut bien admettre qu’ils font partie du peuple de Dieu, qu’ils sont héritiers avec les Juifs de toutes les promesses de Dieu.

On peut parler de différentes façons de l’Esprit de sainteté, par exemple qu’il permet d’opérer des miracles, de dire les paroles de Dieu, mais ce que Paul retient ici, c’est que l’Esprit du Fils de Dieu, c’est un Esprit qui nous fait dire « Abba – Papa », il nous fait réaliser qui nous sommes pour Dieu : des fils adoptifs.

Jésus est donc né ici-bas pour nous faire naître d’en-haut.

C’est le sens du mot français « Noël », qui est une contraction du latin « Natalis ». Nous sommes nous-mêmes nés miraculeusement d’En-haut, du Saint-Esprit. Et c’est l’œuvre de Dieu en Jésus-Christ. Paul est si intimement convaincu de la réalité de cette nouvelle naissance qu’il écrit quelques versets plus loin dans notre chapitre :

« mes petits enfants que, dans la douleur, j’enfante à nouveau, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous » (v.19).

➢Paul souffre, parce que les chrétiens galates avaient laissé tomber l’évangile. Ils ne voyaient plus clair.

Ils voulaient de nouveau vivre à partir d’eux-mêmes, au lieu de vivre à partir de l’Esprit d’adoption qu’ils avaient reçu. Paul souffre les douleurs de l’accouchement quand il écrit. Ce n’est pas seulement une façon de parler, car Paul parle souvent des souffrances qu’il endure pour l’évangile, au profit des églises.

Israël a souffert les douleurs de l’accouchement, pour que la bonne nouvelle de l’adoption filiale parvienne aux Nations. Dans le récit de Noël de Matthieu, on voit ainsi une délégation des Nations, les mages d’Orient qui viennent adorer le Roi des Juifs. Vous connaissez la suite : Hérode fait massacrer tous les enfants de moins de deux à Bethléhem et environs.

Rachel, mère en Israël pleure sans pouvoir être consolée (Matthieu 2/18).

Dans notre chapitre, au verset 26, Paul écrit encore:

« la Jérusalem d’En-haut est libre et c’est elle notre mère ».

Pour naître dans la Jérusalem d’En-haut, il faut un miracle, une œuvre qui vient de Dieu. Ce miracle, cette œuvre historique et éternelle de Dieu c’est la naissance, la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus.

Nous pouvons désormais dire comme Jean-Sébastien en conclusion de son oratorio de Noël :

- « que peuvent les terreurs de l’enfer, que peut le monde avec tous ses péchés contre nous, maintenant que nous sommes entre les mains de Jésus ? …Le Christ a brisé le mal qui s’opposait à nous…le genre humain a sa place auprès de Dieu. »

Amen.

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À LIRE ABSOLUMENT:

CE JOUR-LÀ, IL FUT APPELÉ JÉSUS, par Michelle d'Astier de la Vigerie

http://www.michelledastier.org/index.php/2008/12/31/927-souffle-de-vie-1er-janvier-2008-ce-jour-la-il-fut-appele-jesus

Un enfant nous est né ! de Zola Levitt.

http://www.michelledastier.org/index.php/2008/12/14/919-un-enfant-nous-est-ne-de-zola-levitt