La vie va vite, parfois très, très vite. A travers la course folle pour aller travailler le matin, la soirée remplie de devoirs, de bains, de tâches et d’activités parascolaires, combien de temps faut-il pour se connecter au plaisir d’être parent et à tout l’amour que nous avons pour chacun de nos enfants ? Nous cajolions les tout-petits plus spontanément, mais parfois, au fur et à mesure que nos enfants grandissent, les marques d’affection deviennent effrayées et parfois nous oublions de leur rappeler combien nous les aimons. Cependant, les enfants peuvent douter de l’amour et de l’acceptation inconditionnelle de leurs parents.
Il arrive qu’on s’emporte, qu’on hausse le ton, qu’on accumule les remarques ou les conséquences. À force de soupirs et de déceptions, certains enfants finissent par croire qu’ils sont une charge pour des parents débordés. Cette impression, bien réelle, ne naît pas du hasard : elle s’installe dans les moments où l’exigence prend le dessus sur la bienveillance.
Faites le test :
Pendant une semaine, chaque fois que vous signalez une erreur ou une bêtise à votre enfant, notez un crochet sur une feuille. À chaque moment agréable ou positif, une blague, un sourire, une marque de tendresse, une petite complicité, dessinez une étoile. À la fin de la semaine, regardez la feuille. Qu’est-ce qui domine : les crochets ou les étoiles ? Ce simple exercice permet de mesurer l’équilibre (ou le déséquilibre) entre les interventions et les moments chaleureux. Un rapport qui ne laisse personne indifférent.
Notre attention se fixe trop souvent sur ce qui cloche, sur ce qui doit changer. Pour rétablir l’équilibre, il faut s’arrêter, ouvrir les yeux sur ce qu’on aime chez nos enfants, et leur montrer que, malgré les agacements, ils comptent pour nous de mille façons.
Quelques idées pour montrer son amour à son enfant :
Voici des gestes concrets et des attitudes à cultiver au quotidien pour renforcer le lien et rappeler à nos enfants qu’ils ont toute leur place dans notre cœur :
- Exprimer l’appréciation chaque jour : Lancez une nouvelle habitude familiale. Chaque membre de la famille partage, une fois par jour, un détail positif sur quelqu’un d’autre. Cela peut se faire autour de la table, dans un carnet partagé, ou via un « tableau d’amour » où l’on affiche des petits mots doux. Par exemple : « J’ai aimé quand tu m’as aidé avec mes devoirs » ou « Samuel s’est levé avec un sourire éclatant ce matin. » Chaque occasion compte.
- Être vraiment présent : La quantité de temps ensemble ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la profondeur de l’attention. Accordez chaque jour quelques minutes à chaque enfant, sans distractions, juste pour être là, observer ce qu’il fait, vous connecter à ce que vous ressentez pour lui. Quand un parent s’asseoit, regarde, écoute sans juger ni corriger, l’enfant le sent instantanément. C’est dans ces moments que la tendresse se transmet, même sans mot.
- Partager le plaisir : Laissez-vous entraîner dans leurs jeux, riez avec eux, accueillez leurs dessins ou leurs petits spectacles, improvisez une activité qui vous plaît à tous les deux. Ce sont ces instants de joie pure qui restent, bien plus que les sorties planifiées ou les grands événements.
- Faire confiance : La confiance est un cadeau rare. Multipliez les phrases qui valorisent leurs capacités : « Je sais que tu t’en occuperas bien », « Je suis persuadé que tu vas réussir », « Je te fais confiance ». Évitez les avertissements anxieux ou les doutes inutiles. À force d’entendre qu’on croit en eux, les enfants finissent par le croire aussi.
- S’intéresser sincèrement : Peu importe l’âge de votre enfant, prenez le temps de lui demander son avis, ses goûts, ses idées. Demandez-lui ce qu’il aurait fait dans telle situation, écoutez son album favori, lisez son roman du moment. Un adolescent qui voit ses parents s’intéresser à ses passions se sent reconnu et respecté.
- Respecter davantage : Evitez de rabaisser votre enfant en public. Parlez de lui de façon positive à d’autres adultes, même lorsqu’il n’est pas là. Gardez toujours un ton respectueux, y compris dans la colère. Si une expression ne conviendrait pas à l’enfant d’un ami, elle ne convient pas non plus au vôtre. Tenez vos promesses, ne recourez pas au chantage. Si besoin, des formations en communication parent-enfant peuvent aider à renforcer la posture d’autorité dans le respect mutuel.
- Dire « Je t’aime » plus souvent : Les mots comptent, mais les gestes du quotidien en disent aussi long. Voici quelques exemples qui parlent d’eux-mêmes :
- Un regard qui déborde de tendresse ;
- Une caresse dans les cheveux, un baiser sur le front ;
- Préparer son plat préféré, organiser une petite attention rien que pour lui ;
- Glisser un mot d’encouragement dans la boîte à lunch avant un examen ;
- Utiliser un surnom affectueux (amour, chaton, hibou… ce qui vous ressemble) ;
- Laissez libre cours à votre imagination pour créer vos propres rituels.
- Assumer son rôle de parent : Donner un cadre, fixer des règles, tenir bon même quand c’est difficile, c’est aussi une façon d’aimer. Les enfants ont besoin de sentir que les adultes sont solides, qu’ils tiennent la barre. Quand un parent renonce à poser des limites par peur du conflit, l’enfant se sent perdu, voire abandonné. Une phrase à garder en tête : « J’aime mes enfants assez pour accepter qu’ils soient fâchés contre moi parfois. »
Et vous, quelle est votre manière de montrer à vos enfants qu’ils sont précieux ? Partagez vos idées en commentaire.
Nancy Doyon, Coach familial
Présidente de SOS Nancy, Directrice de l’école de coaching familial, Auteure de « Parent big bon sens », chroniqueuse familiale.
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Crédits photo : Damiánbakarcic


